#8Mars : le texte d’Olivier Faure

Pour la renaissance de l’engagement féministe des socialistes

Le mouvement mondial de dénonciations des agressions sexuelles souligne un constat dramatique : les pouvoirs publics ont échoué à ce que les femmes puissent exercer pleinement leurs droits et libertés. Le bilan est tragique.

Les violences sexuelles sont dirigées quasi-exclusivement contre les femmes: 16% d’entre elles déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie. Seulement une victime sur dix porte plainte.

Les discriminations économiques sont flagrantes. Le revenu salarial des femmes est inférieur d’un quart à celui des hommes en 2014. Mais même lorsque l’on compare les rémunérations pour des emplois équivalents, il subsiste un écart de presque 10 %. Ces différences de salaire sont constatées dès l’obtention du diplôme alors qu’elles portent une ambition éducative plus forte : un tiers des femmes de 25 ans à 34 ans ont un diplôme supérieur à bac + 3, contre seulement un quart des hommes.

Ces discriminations sont encore plus nettes à l’issue de la vie active. En raison des différences de carrières, les femmes partent en moyenne à la retraite un an plus tard que les hommes, avec des pensions inférieures nettement inférieures: moins 42%.

Dans leur vie personnelle, les femmes subissent également des discriminations. Seules 72 % des mères de famille ont un travail, contre 85 % des pères, et parmi ces dernières, un tiers travaille à temps partiel, contre seulement 4 % pour les pères. Les tâches ménagères sont encore principalement effectuées par les femmes, à tout âge de la vie, qui y consacrent deux fois plus de temps que leurs conjoints.

La liste est longue, trop longue. L’émancipation et l’égalité réelle sont le cœur battant des socialistes, il nous revient donc de proposer des solutions concrètes pour changer non seulement notre parti mais également notre structure sociétale, afin que l’égalité entre citoyens devienne, enfin, une réalité.

La création d’un Secrétariat national à l’égalité femmes-hommes, après du Premier secrétaire, sera le symbole de cet engagement. Il sera en charge à la fois de veiller à la transversalité de l’attention portée à l’égalité hommes/femmes au sein de tous les autres secrétariats nationaux, et d’impulser et de coordonner des actions dédiées.

Des actions de formation et de sensibilisation, pour lutter contre le sexisme et les violences faites aux femmes, seront mises en œuvre dans nos propres rangs. Une structure interne, entièrement dédiée aux victimes, sera créée et pérennisée, afin de recueillir les témoignages et d’accompagner les victimes, en coopération constante avec le milieu associatif aguerri à ces missions.

Promouvoir la place des femmes, ensuite. Nous mettrons en place une parité effective et surtout réelle, aux postes stratégiques, dans notre parti comme parmi les mandats exercés par les socialistes. Les circonscriptions éligibles, les présidences d’exécutifs locaux devront eux aussi, enfin, être répartis également entre femmes et hommes Le porte-parolat de notre parti sera un binôme paritaire, incarnation médiatique de cette renaissance socialiste.

Pour faire progresser cette égalité réelle, il est enfin de notre devoir d’encourager, de former, de lever les censures qui empêchent la féminisation de notre parti. Simplifier notre organisation, proposer aux fédérations et aux sections de nouvelles façons d’animer des réunions (prise de parole paritaire, limitation des temps de parole, travail par groupes…), encourager le développement de réseaux de femmes dédiées à la formation et à la prise de responsabilité des militantes, sont autant de réformes structurelles au bénéfice de toutes et tous.

C’est ce parti féminisé, exemplaire, qui demain pourra porter les grandes réformes féministes dont notre pays a besoin.

C’est à nous, socialistes, qu’il reviendra de porter le combat d’une éducation égale des garçons et des filles, dans la poursuite des actions initiées par le précédent quinquennat : une éducation qui prévient les violences, déconstruit les stéréotypes et ouvre le champ des possibles aux femmes et aux hommes de demain.

C’est à nous qu’il reviendra de mener la bataille pour l’égalité salariale réelle : en permettant que la loi encourage le télétravail des hommes comme des femmes, rendre obligatoire un congé paternité allongé et financé à 100%, et renforcer les sanctions des entreprises qui ne respectent pas la loi.

C’est encore à nous de poursuivre le travail initié par le gouvernement pour la fin de toutes les violences faites aux femmes, notamment en simplifiant la charge de la preuve pour la victime et en rappelant avec constance que sans moyens suffisants dédiés, ce combat n’est qu’affichage et communication.

Sur le chemin de la renaissance, nous savons que la place qu’occupera notre engagement féministe sera déterminante – et nous sommes prêtes et prêts à relever ce combat d’une société plus juste.