Après l’appel de Grigny, le rapport Borloo place le gouvernement face à ses responsabilités

27 avril 2018

Le rapport remis par Jean-Louis Borloo au Premier ministre dresse un constat exhaustif et sans concession : 1 500 quartiers, 5,5 millions d’habitants concernés pour lesquels les taux de chômage, de pauvreté et d’échec scolaire sont supérieurs à la moyenne nationale. Le Parti socialiste en partage le constat amer : face à de telles inégalités, l’État a le devoir d’agir sans délai.

Depuis un an, la situation dans les quartiers s’est gravement détériorée sous l’effet des coups de rabot de la politique du gouvernement : diminution de 10 % des crédits en 2017, suppression des emplois aidés, baisse des APL et des moyens des bailleurs sociaux… Le gouvernement n’a cessé, mesure après mesure, de fragiliser la cohésion du territoire en assumant dès le début du quinquennat l’absence de politique pour les quartiers prioritaires. Il aura fallu l’appel de Grigny pour que la voix des quartiers résonne à nouveau à défaut de se faire entendre à ce stade.

Le rapport Borloo prend la mesure de la situation et réaffirme la volonté de lier l’humain et l’urbain portée dans le précédent quinquennat à travers la loi du 21 février 2014, dite loi Lamy. À l’instar de cette réforme, le rapport préconise des politiques transversales et décline une série de programmes pour améliorer la vie des habitants à travers la petite enfance, l’éducation, l’apprentissage, l’engagement des femmes, les transports…

À présent, le président de la République dispose d’un rapport clé en main, lucide, chiffré et élaboré avec les élus locaux. Le 22 mai prochain, le pouvoir sera placé devant sa responsabilité. Soit il s’engage massivement en reprenant ce que les élus locaux attendent, en créant un effet de souffle par une politique globale, cohérente et financée, soit il ergote, tergiverse, ratiocine… et en demeure aux 500 millions prévus.

L’effort ne peut pas être reporté une nouvelle fois sur les collectivités locales. La politique de la Ville est une politique de solidarité nationale car la République ne saurait tolérer les inégalités criantes entre ses territoires. Les mots forts ne suffisent plus, les rustines non plus. Les actes doivent suivre.