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    Outremers Lundi 11 Janvier 2010 à 23:08

    Allocution de N. Sarkozy : Ce soir pour l’outremer, on est très loin du compte

    Le Président de la République vient de prononcer une allocution en clôture de la 1ère réunion interministérielle enfin consacrée à l’outremer par son gouvernement, après deux ans et demi de mandat et trois ministres successifs. De ce point de vue, les Français d’outremer auront sans doute été édifiés d’entendre le chef de l’Etat leur annoncer que ses ministres devront désormais se « sentir concernés » par leurs problèmes.

    Au fil d’un discours décousu et misérabiliste à l’égard d’un outremer caricaturé à l’envi, d’anecdotes de comptoir en plaisanteries douteuses, ce discours a une apparence : la vacuité des mesures évoquées. Il est ainsi pathétique que Nicolas Sarkozy évoque comme une innovation de son cru le fait pour les élus d’outremer d’exercer des responsabilités en matière de représentation diplomatique régionale quand cette possibilité - qu’ils exercent déjà - leur a été ouverte par la loi du 13 décembre 2000 !

    Mais par-delà son emphase habituelle, le discours du Président de la République revêt une réalité plus choquante encore. Les seules annonces concrètes qu’il contient traduisent une reconcentration des pouvoirs sur fonds de désengagement financier de l’Etat.

    Il est ainsi sans précédent qu’un Président de la République réserve aux seules collectivités d’outremer « la possibilité pour l’Etat de se substituer à elles » dans des domaines (santé, environnement, etc.) où ledit Etat déciderait qu’elles seraient défaillantes. Dans le même sens, il est significatif que la « relation rénovée entre la métropole et l’outremer » qu’appelle de ses vœux N. Sarkozy passe par la nomination de « commissaires au développement endogène » ici, de « sous-préfets à la cohésion sociale », ailleurs, sans préjudice de différents comités Théodule et autres, le tout placé sous l’autorité des préfets. S’agissant du développement économique, le “Plan Sarkozy” ne contenant aucune mesure digne de ce nom, son absence de chiffrage tombe sous le sens. Il est à cet égard révélateur que N. Sarkozy ait pu évoquer « la garantie du niveau des moyens budgétaires de l’Etat sur cinq ans » pour le logement social après les avoir réduits drastiquement depuis 2007, et au lendemain de l’adoption par sa majorité d’un budget où la dette de l’Etat outremer auprès des organismes de sécurité sociale dépassera en 2010 les 660 millions d’euros.

    Cette approche est pleinement dans la logique des annonces déjà faites par N. Sarkozy en janvier dernier, lorsqu’il avertissait les élus d’outremer que - contrairement aux principes essentiels de la décentralisation - « les compétences dévolues aux autorités locales devront être financées par des ressources locales. »

    Au final, et une fois n’est pas coutume, il se pourrait en effet que le discours de N. Sarkozy fasse date tant son indigence frise l’indécence. Au lieu de le citer, N. Sarkozy ferait bien de lire Félix Eboué. Car si pour ce dernier, « Jouer le jeu », c’était « piétiner les préjugés, tous les préjugés, et apprendre à baser l’échelle des valeurs sur les critères de l’esprit », ce soir pour l’outremer, on est très loin du compte.