Economie, entreprise, industrie Samedi 25 Août 2012 à 17:41
Après la conférence sociale, quelle perspective ?
Dans une salle comble, Charlotte BRUN ouvre la séance en rappelant que François HOLLANDE a fait du dialogue social une priorité et une méthode nécessaire au retour de la confiance, condition de la réussite de la réforme.
Pour Michel SAPIN, la « relégitimation » des partenaires sociaux est décisive pour la défense de l’intérêt général. C’est par eux qu’évoluent les rapports de forces dans l’entreprise. Ce sont eux qui appliquent les réformes, dans la durée (licenciements, retraites etc…).
Marisol TOURAINE rappelle que la transformation sociale, exigence de cohésion démocratique de notre pays, est au cœur de notre projet politique. L’objectif est de restaurer la confiance des jeunes générations et leur éviter l’unique recours au libéralisme. Il faut assumer ce réformisme, offensif, mettre à contribution les revenus du capital pour un système social solidaire (retraites par répartition, hôpital public fort…).
Pour Nadine PRIGEANT, il y avait nécessité de rompre avec des choix imposés par les Gouvernements précédents. La dévalorisation du travail est à l’origine de la crise et c’est une démarche active en matière de progrès social qui relancera la croissance. Il faut désormais reprendre la réforme du droit social (représentativité, droit syndical, droits des salariés, droit à la retraite à 60 ans, situation des services publics, des fonctionnaires…). Il n’y aura pas de solutions durables en matière d’emplois et de redressement productif sans recul de la recherche de rentabilité immédiate.
Pour Laurence LAIGO, reconstruire ensemble un nouveau modèle de développement exige priorités et efforts, ainsi qu’articulation entre conférence sociale et conférence environnementale. Se sera essentiel pour faire face aux urgences : plans sociaux, situation des jeunes et leurs perspectives, sauvegarde de l’emploi en liaison avec la compétitivité.
Patrick PRIVAT souligne la satisfaction de FO sur la méthode, avec quelques exigences. Limiter les effets d’aubaine pour les emplois d’avenir du secteur marchand, proposer un document d’orientation concernant la sécurisation des parcours professionnels (sans recours d’excuse de compétitivité), engager une vraie discussion sur l’avenir de la protection sociale (évaluation des exonérations existantes, discussion à engager sur la branche « famille »), priorité à l’augmentation des salaires, impact du coût de l’énergie, avenir des services publics (pas de substitution emplois publics/emplois d’avenir) ; autant d’enjeux qui devront être abordés.
Pascale COTON soulève la question de la segmentation de la population active, et notamment pour l’emploi des femmes (temps de travail subit, violences au travail…) et l’emploi des jeunes. Face à cet enjeu, la relance de l’industrie en liaison avec celle de l’emploi sera nécessaire.
Jean Marie TRUFFAT exprime la même satisfaction de ce changement de méthode et de vrai dialogue, tout en formulant quelques remarques. La question de la compétitivité ne doit pas être éludée, tout comme celle des licenciements boursiers (loi-cadre, renforcement des prérogatives du CE…). Enfin, la sécurisation des parcours professionnels pour les jeunes non qualifiés doit être une priorité.
Bernadette GROISON met en avant quelques mesures d’urgence : emplois d’avenir et leur dispositif d’accompagnement devant déboucher sur des emplois pérennes ; réponse aux besoins de la population en termes de services publics dans les territoires qui demande de sortir de l’urgence financière ; statut des agents de la fonction publique.
Pour l’ensemble des partenaires sociaux, la réhabilitation de l’action collective est à même de leur redonner confiance et de les remobiliser. La conférence sociale de juillet 2012 a ouvert le renouveau du dialogue social pour inscrire la transformation sociale dans la durée.
