Education, recherche, culture Vendredi 26 Août 2011 à 21:51
Atelier 12 - Vers la société créative : une nouvelle politique culturelle
Sylvie ROBERT et Karine GLOANEC MAURIN introduisent l’atelier rappelant combien la question culturelle et l’art doivent être au centre du débat qui s’ouvre avec la campagne présidentielle. Cette interrogation ne peut avoir lieu sans une nouvelle alliance avec les artistes, leur présence sur nos territoires. C’est le sens de l’invitation lancée à deux artistes pour enrichir notre réflexion.
Emmanuelle HUYNH nous livre les raisons de son choix pour la danse, qui est pour elle « compréhension du monde avec le corps pour agir sur le corps du monde ». Danser, c’est penser autrement, mieux, plus large, plus lentement. Danser peut être aussi parler à travers le corps des autres. Le Centre national chorégraphique qu’elle dirige est lieu de création, de diffusion, mais également de transmission et d’enseignement. C’est aussi un lieu de partage entre artistes et citoyens, écoles, collèges, hôpitaux…. dans toutes les dimensions que doit porter une politique culturelle.
Robin RENUCCI souhaite ne pas sacraliser l’artiste, mais plutôt considérer l’œuvre. Il rejette une politique culturelle qui prônerait encore « l’accès à la culture » car chacun est chargé de sa propre culture, de sa propre singularité « Le singulier est indivisible, le particulier est interchangeable ». Une société créative est un « vivre ensemble » renouvelé, qui fait émerger la singularité créative de chacun dans sa diversité, et dès son plus jeune âge. Faire un citoyen capable d’assumer sa propre singularité, -et non pas comme individu particulier simple élément du monde qu’on lui construit- c’est considérer que l’éducation et donc la formation des maîtres sont essentielles. Et les artistes peuvent entraîner les autres à exercer cette singularité, face aux flux médiatiques qui exigent une capacité de discernement.
L’expression de la singularité s’exerce par la pratique, l’expérimentation. C’est ainsi que Robin RENUCCI conçoit son travail de terrain (au sein de son association ou de son projet des « Tréteaux de France »). Le monde associatif est pour lui un contre pouvoir essentiel reposant sur la contribution des citoyens qui change ainsi son monde sur son territoire.
Aurélie FILIPPETTI conclut ces interventions en précisant que le discours des artistes, par le corps ou par la voix, reste toujours de l’art. Elle ouvre le débat sur la question de la transmission, de l’autorité des maîtres, des parents.
Les participants ont apprécié la force de conviction des intervenants. A partir d’expériences locales, tous partagent la conviction de l’importance de la pratique artistique à l’école, par l’éducation populaire et les pratiques amateurs par l’échange avec les artistes.
>>Retrouvez l'intervention de Robin Renucci:
