Education, recherche, culture Samedi 27 Août 2011 à 13:35
Atelier 13 - Un nouveau contrat entre les enseignants et la Nation
Espérons que Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN, se trompe lorsqu'il compare la salle - comble - aux salles de classes du futur. "Triste tableau" a déploré Yves Durand, qui co-animait l'atelier avec Bruno Julliard, devant l'état de dégradation dans lequel la droite laisse l'éducation nationale. Suppressions de postes par dizaines de milliers, fermetures de classes, abandon de l'éducation prioritaire, recul de la mixité sociale avec la suppression de la carte scolaire, massacre de la formation professionnelle : les dirigeants des principales fédérations et syndicats de l'enseignement (Bernadette Groison, pour la FSU et Christian Chevalier, secrétaire général du SE-UNSA) partagent le même constat. L'école va mal, abîmée par une politique délétère dont la seule cohérence repose sur la volonté de réaliser des économies - une destruction de l'école qui est "une destruction de la société dans ce qu'elle a de républicaine".
Mais la crise est aussi stucturelle : notre système, mal adapté aux défis du XXIe siècle, souffre de son incapacité à lutter contre l'échec et à empêcher la reproduction sociale et scolaire. Il est temps de refonder de système au service d'un objectif partagé, la réussite de tous les élèves. Et si tous soulignent que l'école n'appartient pas aux profs, mais à l'ensemble de la Nation, cette transformation de l'école, cette nouvelle étape de la démocratisation, reposera largement sur les épaules des enseignants, leur compétences, leur formation, leur confiance restaurée. C'est le sens du nouveau contrat que le Parti socialiste a mis en avant dans son projet, convaincu, rappelle Bruno Julliard, que les enseignants ne sont ni réactionnaires, ni corporatistes, mais attendent du pouvoir politique des engagements, une volonté de rompre avec la conception marchande de l'école portée par la droite et un dialogue social renouvelé. Un contrat, comme le souligne Bernadette Groison, implique de la réciprocité. Rythmes, évolution des méthodes pédagogiques, contenus, formation et conditions du recrutement, services d'enseignement : tout peut être mis sur la table - sans oublier que les enseignants, en France sont parmi les plus mal payés des pays de l'OCDE, et qu'une revalorisation est dès lors indispensable. Revaloriser, ce n'est d'ailleurs pas simplement augmenter les salaires, mais aussi considérer que les enseignants doivent devenir de véritables concepteurs de leur métier. Les questions de la salle, nombreuses, viennent rappeler que tout projet éducatif est nécessairement un projet global, car l'école d'aujourd'hui, "c'est la société de demain".
