Développement durable et ruralité Samedi 27 Août 2011 à 15:09
Atelier 23 - Vers l'Agroécologie

Réfléchir à l’agroécologie est, selon Germinal PEIRO, nécessaire pour engager l’agriculture dans la démarche du développement durable et de l’environnement, de relocalisation des productions. C’est une véritable révolution a engager dans notre pays, second pays au monde pour l’utilisation des pesticides.
Philippe MARTIN rappelle le défis: 9 milliards d’hommes en 2050, dont un tiers en situation de famine. L’agroécologie –contrôle biologique, stockage naturel de l’eau, agroforesterie…- est une réponse efficace à ce défi en s’inscrivant dans une démarche environnementale et protectrice des cultures, tout en accroissant les rendements agricoles.
Jacques MATHE constate que malgré la crise, le secteur agricole conserve un avenir. Pas de problème de demande, mais plutôt de distribution, de régulation des marchés. La PAC a formaté un modèle agricole d’optimisation de la production qu’il faut revoir, et notamment la formation des agriculteurs (qui ont perdu leur savoir-faire traditionnel), comme celles des ingénieurs agronomes.
Le partage de l’espace foncier est aussi source de conflit, notamment en périphérie urbaine. Ainsi les USA ont engagé la redécouverte de l’’agriculture locale (un organisme LANDPRESERVE, rachète les terres pour les mettre à disposition des producteurs locaux).
Régis HOCHART rappelle que le modèle d’agriculture des années cinquante s’est fondé sur les ressources fossiles (pétrole/ phosphore/potasse), le phytosanitaire, la mécanisation et la sélection. Les résultats, d’abord positifs, ont produit les gaz a effet de serre, la spécialisation des productions régionales, les pertes d’emplois, l’infertilité des sols, la perte des patrimoines génétiques et les risques sur la santé publique.
Il faut accompagner la mutation vers la biologie, qui s’imposera à l’échelle d’une génération, pour revenir aux savoir-faire sans phytosanitaires. Cette mutation agroécologique, acceptée par les agriculteurs est déjà à l’œuvre dans les territoires (recombinant élevage et culture). Mais les politiques publiques tardent à s’engager dans cette voie et l’Union européenne prend du retard.
Les participants –notamment exploitants agricoles- partagent l'intérêt de cette démarche, à travers leurs expériences. Ils témoignent de leurs difficultés à imposer ces exigences aux élus : approvisionnements locaux des cantines scolaires, pression foncière et coût des terres, difficultés de relocalisation de productions pour des produits du terroir –il n’y a plus de porcs dans une région de production charcutière, plus de bétails en ile de France…etc…
Il faut des politiques publiques d’accompagnement volontaristes pour conforter cette évolution porteuse d’emplois et d’avenir, et à tous les niveaux local et régional, mais également national et européen.
