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Université d'été du PS et du MJS - La Rochelle 2011

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Libertés, médias, justice et sécurité Samedi 27 Août 2011 à 19:06

Atelier 29 - De la liberté d’expression à la liberté de discrimination

La liberté d’expression peut-elle aller jusqu’à tolérer un certain nombre d’expressions discriminatoires, racistes, sexistes, homophobes… ? Pascale Boistard souligne que des personnalités publiques, intellectuels et politiques qui ont tenu récemment de tels propos ont été condamnées - sans pour autant disparaître de la scène gouvernementale (C. Guéant) ou être sanctionnées sur les médias (E. Zemmour). Les canaux d’expression se sont démultipliés, les propos tombant sous le coup de la loi sont bien plus nombreux à côté de ces propos saillants. Tous les participants constatent que les gens réagissent beaucoup moins et que l’inflation de propos stigmatisants, tenus dans des cercles larges du point de vue de leur impact sur la société, est inquiétante.

Le manque d’exemplarité risque de laisser se démultiplier ces atteintes. Les dispositifs actuels s’avèreraient-ils insuffisants, interroge Pierre Lefébure. Par l’arsenal législatif, on peut réguler a minima, mais la surenchère juridique n’est pas une solution. Les données du symbolique, de l’impensé, ne peuvent être saisies par le législateur. Par l’exemplarité, ne peut-on avoir un effet subjectif positif ? Si un travail régulier paraît devoir être mené sur les consciences, l’appel à la moralité n’est plus entendu. Il faut entrer par l’angle culturel, la promotion du vivre-ensemble, travailler sur la sociabilité du quotidien pour installer les meilleurs messages, promouvoir le symbolique et créer un code interculturel.

Des affaires Zemmour et Guéant, Dominique Sopo retient une stratégie sur deux axes : masquer leurs visées à travers de grands principes – un faux nez, en réalité c’est l’ethnicisation des problèmes sociaux qui est visée – et se travestir en grands résistants du « politiquement correct ». Ils inversent les problématiques. La liberté d’expression n’existe que dans les limites définies par la loi, ces limites sont du domaine politique, déterminées par le législateur pour protéger le vivre ensemble.

De nombreux témoignages de désarroi devant l’immensité du champ à couvrir : Tiffany demande de ne pas oublier les discriminations par rapport aux handicapés. Angélique voudrait une ligne budgétaire propre dans sa délégation d’élue à la lutte contre les discriminations. Valérie déplore la recrudescence des groupuscules d’extrême droite. Stéphanie déplore le manque de moyens juridique pour lutter contre les « pubs » discriminatoires sexistes. Malika dénonce la stigmatisation de la précarité et Daniel renchérit sur les discriminations « au portefeuille » et socioprofessionnelles…

Mehdi Ouraoui souligne qu’il y a un certain nombre de pubs qui font un business sur la discrimination envers les femmes et dénonce la contre-éducation donnée aux enfants et aux publics fragiles par les « pubs » tv. Il faut travailler sur les mentalités mais aussi sur les structures ; parvenir à la parité à l’AN permettrait une évolution notable.

Pascale conclut sur la vigilance et la combativité à retrouver à gauche. Les militants ont un rôle à jouer, les associations aussi : il faut que nous soyons au rendez-vous de 2012.