Europe et international Vendredi 26 Août 2011 à 21:54
Atelier 6 : Les droites en Europe – La Nouvelle donne

Ligue du Nord en Italie, Parti du peuple danois, Parti des « Vrais Finlandais »… l’Europe voit se développer des partis d’extrême droite d’un nouveau type.
« Dans nos colloques, on réfléchit souvent sur la gauche. Mais il n’est pas inutile de s’intéresser aussi à nos adversaires, d’autant que l’on assiste actuellement à des évolutions majeures au sein de la droite en Europe. ».
C’est devant une soixantaine de participants, qu’Alain Bergounioux a introduit le débat par ce constat : la droite est actuellement majoritaire en Europe, et ce malgré la crise économique. Mais elle est plurielle et subit la concurrence de partis extrémistes d’un nouveau genre.
« Nous assistons à une nouvelle génération de mouvements d’extrême droite, qui se situent à la frontière des droites classiques » explique Jean Yves Camus. « Ces partis ne sont pas des filiations d’anciens partis d’extrême droite. Par ailleurs, ils ne sont pas opposés au libéralisme économique et assortissent leurs programmes d’accents identitaires propres à l’extrême droite, d’où une difficulté à les caractériser ».
Jean François Sirinelli, constate que depuis quelques années, on constate globalement une plus grande porosité entre les différentes idéologies.
Selon lui, c’est en fait l’idée même de progrès qui est interrrogée : « Il y avait auparavant, à gauche comme à droite, l’idée que demain serait meilleur qu’aujourd’hui. Les précédentes crises étaient vues comme conjoncturelles. Auparavant la société était parfois en crise : nous sommes maintenant dans une société de crise ».
Ces nouveaux mouvements d’extrême droite se nourrissent de cette crainte en l’avenir.
Dans la salle, plusieurs participants constatent que le FN tente ainsi de récupérer la question sociale, d’où l’importance pour la gauche de réaffirmer son corpus idéologique.
Laurent Baumel a conclu en rappelant que la droite gagnait souvent non pas sur ses idées, mais parce que la gauche avait déçu. D’où un rejet de la part des électeurs quand elle commence à mettre son programme en action...et une chance d’alternance pour la gauche. « En 2012, nous devrons réaffirmer nos valeurs et montrer notre capacité à répondre aux préoccupations des couches populaires, notamment sur le pouvoir d’achat. C’est la condition indispensable pour battre la droite et faire reculer tous les extrémismes ».
D.H
La Revue Socialiste a récemment publié un numéro intitulé « La droite dans tous ces états » (n°41, avril 2011).
