Samedi 27 Août 2011 à 9:12
Atelier 7 - Quelle politique diplomatique pour la France ?
Au vu des nombreuses interventions de la part de l'audience, la diplomatie des socialistes en 2012 est un thème suscitant de grandes attentes.
Pour Jean-Louis Bianco, "clarté et cohérence" définiront les orientations stratégiques, pour oublier le "Président de tous les revirements". Il prône une politique étrangère coordonnée avec les autres pays, et en priorité dans le cadre d'un projet européen de gauche. Ce projet existe mais nécessitera plus de visibilité. La "modestie, le respect et la continuité dans l'action" caractériseront les relations avec le sud. Le projet socialiste défend l'idée d'une influence européenne au sein des organisations internationales, par exemple pour peser sur les cadres normatifs des domaines de l'environnement et des droits sociaux.
Ayant rappelé l'évolution du clivage droite-gauche sur les questions de politique étrangère au cours des décennies, Pascal Boniface note que ces différences se sont estompées (relations avec le sud, droits de l'homme, gouvernance internationale), du moins de façon "audible à défaut des actes". Néanmoins, un nouveau clivage serait l'opposition du "gaullo-mitterrandisme" à l'"euroatlantisme". Mais il observe avec optimisme que la France garde toujours sa possibilité de "penser global", sa capacité d'initiative. Même si elle n'a plus les moyens d'imposer sa volonté, elle peut agir en prenant l'initiative des idées et en les mutualisant (occasion ratée dans la reconnaissance unilatérale du CNT). La politique étrangère française peut donc rester indépendante. Surtout, elle doit s'appliquer dans le respect des peuples, trop souvent humiliés. A défaut d'un changement d'approche, il alerte que "l'occidentalisme", caractérisé par le mépris et la méconnaissance, entraînera toujours plus de peurs et de replis nationaux.
Nicolas Tenzer a déploré l'état de notre outil diplomatique, dont la réforme devrait constituer un chantier urgent pour le PS. Ses recherches à l'étranger démontrent l'absence d'une stratégie diplomatique coordonnée (par pays, zone, organisation internationale) aux plans politique, intellectuel et économique.
Il compare le mode de décision à un cloisonnement similaire à un "diplodocus" (petite tête dans un grand corps). Il avance des solutions pour rehausser la politique d'influence de la France, absente des appels d'offres comme des débats d'idées dans les organisations internationales, avec l'objectif général d'intégrer les expertises des milieux académiques, des collectivités locales, etc.
Pouria Amirshahi s'est appliqué à rassurer l'auditoire sur les réflexions stratégiques du PS, la préparation du parti concernant les thèmes des intérêts de la France dans la mondialisation, des coopérations bilatérales et multilatérales, de la politique d'influence, du rôle de la francophonie. Il a rappelé l'existence de nombreux travaux de référence, pas toujours connus des militants. Il a évoqué également le travail effectué à l'initiative du PS au lendemain du "printemps arabe", pour engager les forces progressistes et contribuer à l'avenir démocratique des pays concernés.
