Famille, enfance et sport Samedi 28 Août 2010 à 22:05
Atelier : Quelles nouvelles de la famille ?
« Il n’y a pas une mais des familles ». C’est ainsi que Jean Patrick Gille a résumé la situation. La famille constitue un refuge pour beaucoup de citoyens mais a énormément évolué, notamment avec l’explosion des divorces et des naissances hors mariages. Il faut trouver un cadre institutionnel clair et adapté à cette mutation qui touche à la sphère privée.
Selon Gilles Bon Maury, les mutations de la famille accompagnent celles de la société : l’égalité hommes/femmes, l’égalité entre les enfants au sein de la famille, l’égalité entre les familles. Grâce aux progrès de la science, elle n’est plus seulement une réalité biologique: la loi doit s’y adapter. Dans les familles recomposées et les couples homosexuels, se pose la question de la place juridique des tiers qui participent à l’éducation de l’enfant.
Présentant leurs structures respectives, François Fondard et Daniel Boy, estiment que la politique familiale française a permis de maintenir un fort taux de natalité, notamment grâce à des mesures d’aides à l’embauche d’assistantes maternelles et la création du congé de parenté. Cela étant, ils soulignent les complications juridiques induites par les nouvelles formes de la famille.
François Fondard a affirmé son attachement à l’universalité des allocations familiales. « Les politiques familiales ne doivent pas être confondues avec une politique sociale ». Daniel Boy a souligné l’importance de la CAF pour les 2 millions d’allocataires mais a précisé les enjeux de son financement en période de crise économique.
Sophie Graillat a estimé quant à elle, que l’enfant n’était pas suffisamment pris en compte dans les politiques du gouvernement. La France a été rappelée à l’ordre par les Nations Unies en juin 2009 à ce sujet. Selon les Etats Généreux pour l’Enfance : « non, les familles ne sont pas démissionnaires et les enfants (de moins de 18 ans) font preuve d’une grande capacité d’adaptation à leur environnement, quelle que soit la composition de la famille ». Par ailleurs, les familles n’hésitent pas à reconnaître leurs faiblesses et sont en attente de soutien. L’enjeu actuel se trouve dans le dialogue et la coopération interprofessionnelle et non dans la culpabilisation. Il est donc nécessaire de donner un cadre institutionnel aux structures d’entre-aide.
Le débat qui a suivi les interventions a été passionné. Beaucoup de témoignages l’ont enrichi à propos de la gestation pour autrui, de l’accompagnement des proches en situation de handicap... Il en ressort que la politique familiale ne peut ainsi être évaluée au seul regard du taux de natalité. D’autres indicateurs doivent le compléter, sur la qualité du lien familial, l’état de l’accueil de la petite enfance, ou encore la place des femmes qui sont les plus touchées par les faiblesses des différents dispositifs.
Il est ainsi nécessaire de trouver une définition moderne de la famille, plus à même d’intégrer la diversité des situations. Il faudra aussi un projet institutionnel global autour de la famille, afin de regrouper tous les domaines la concernant (éducation, logement, santé, égalité homme/femme, dépendance).
