Europe et international Mardi 25 Septembre 2012 à 11:40
Bernard Cazeneuve: «la croissance ne se décrète pas, elle se construit»

Le ministre délégué aux affaires européennes Bernard Cazeneuve était l'invité mardi 25 septembre de France Inter. Retour sur le déficit français et le vote du traité budgétaire européen
Construire la croissance et maintenir la crédibilité de la France
Interrogé sur la capacité du budget à ne pas dépasser les 3% du PIB tels que prévu par le Pacte de stabilité de croissance, le ministre a répondu que cet objectif ne peut être réalisé sans croissance:
La croissance ne se décrète pas, elle se construit.
Et le ministre de réaffirmer la nécessité de tenir cet engagement:
La volonté qui est la nôtre est de tenir les objectifs de réduction des déficits et de réduction de la dette et que la crédibilité qui est celle de la France et qui doit demeurer dans le concert européen – y compris pour prendre des initiatives en faveur de la croissance, d’autres initiatives – dépend de la capacité dans laquelle nous serons de dire que nous voulons tenir ce cap.
En effet, selon Bernard Cazeneuve si la France donne le sentiment que ses initiatives pour la croissance serait une manière d’échapper au rétablissement des comptes, il s'agira d'une faute qui la pénalisera sur les marchés. Or une telle chose freinerait la croissance.
Des mesures européennes contre les politiques d'austérité
Le ministre a également réaffirmé l'hostilité du gouvernement à toute forme de politique d'austérité:
Ce que nous essayons de construire, le gouvernement, ce n’est pas l’austérité à perte de vue pour la France et pour les peuples d’Europe, ce n’est pas pour ça que nous avons été élus, ce n’est pas ce que nous faisons.
Puis Bernard Cazeneuve a également rappelé ce qui a été obtenu grâce à l'intervention de la France au cours des quatre mois écoulés depuis l'élection de François Hollande:
La taxe sur les transactions financières, la remise en ordre de la finance avec la supervision bancaire, la mise en place de dispositifs de solidarité qui ont conduit la Banque Centrale Européenne à intervenir pour lutter contre la spéculation
Débattre et agir dans l'unité
Le ministre a conclu en expliquant l'enjeu du vote par l'Assemblée nationale du Traité budgétaire:
La meilleure manière de soutenir dans un contexte où le conflit est aussi important, c’est de dire « oui » et ça veut dire aussi que face à la crise, dans un contexte où les inquiétudes sont aussi importantes, où les Français attendent de nous non pas que nous débattions mais que nous agissions en étant unis, la seule chose que nous devons faire c’est de prolonger le débat par la responsabilité
Et d'insister sur le rôle des ministres au sein de la Vème République:
Les ministres ça n’existe pas, la seule chose qui existe c’est la mission qu’ils conduisent et il y a des moments où nous devons nous effacer derrière la confiance que les Français nous ont donnée pour accomplir dignement la mission pour laquelle nous sommes là.
