Compte-rendu "Les socialistes et les grandes théories économiques"
Salle comble et ambiance studieuse pour cet atelier animé par Pierre-Alain Muet.
Claire Le Flécher entreprend ainsi de brosser à grands traits l’histoires des théories économiques. Elle rappelle que les théories classiques postulent que les individus laissés à eux-mêmes parviennent naturellement à un équilibre optimal via l’économie de marché. En réaction, les socialistes se sont divisés en deux grandes familles : ceux qui souhaitaient une rupture radicale vers un autre système de production et ceux qui préféraient des solutions de réforme, d’aménagement de l’économie de marché en renforçant le rôle de l’Etat. Keynes, en refusant la résignation des classiques, en redonnant de la valeur à l’action publique et en faisant de la répartition des revenus un problème économique (et non de charité ou d’éthique), a fortement inspiré les socialistes.
Car les socialistes, citoyens engagés ne renoncent pas à changer le système. C’est cette relation entre théories économiques et engagement que décrit Julia Taddéi. Les théories économiques intéressantes pour les socialistes sont celles qui laissent une grande place à l’incertitude (à quoi bon s’engager si tout est certain ?), à l’interaction et aux relations dynamiques de cause à effet. La bonne nouvelle, c’est que ces théories sont aussi les plus réalistes ! Car les théories classiques omettent l’hétérogénéité des agents économiques, qui pourtant est notre meilleure chance de « nous en sortir ». Il nous faut donc redistribuer les pouvoirs et les ressources et innover pour assurer la diversité à l’étape suivante.
Pierre-Alain Muet conclut en revenant sur les similitudes entre les crises de 1929 et de 2009 : après une période de mondialisation libérale, la dérive incontrôlée des marchés financiers et l’explosion des inégalités conduisent à une crise mondiale qui appelle des mesures qui, là encore, sont similaires (séparation des activités d’affaires et de dépôt des banques, réduction des inégalités via la fiscalité, ambitieuse politique de relance).
Les réponses des intervenant(e)s aux questions de Benoît, Nicolas, Charles, Anne, Frédéric, Roman, Sophie et Etienne concluent l’atelier.

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