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Contre "l'enfumage" du gouvernement

 
Marie-Claude a 56 ans et milite à Château-Thierry. Ce mardi soir, elle est venue à Soissons assister à la Rencontre retraite organisée par le Parti socialiste et sa Fédération de l’Aisne. Assise au 3e rang dans la petite salle de la Mutualité, elle attend des réponses. « Je suis venue chercher des éléments pour mobiliser les jeunes. Quand je distribue le tract du parti, une majorité d’entre eux ne se sent pas concernée par la question, ou me dit simplement qu’ils ont déjà fait une croix sur leur retraite ». Marie-Claude est une habituée des « RR », elle traverse son département pour affûter ses arguments : le 9 juin, elle écoutait Benoît Hamon à Chierry, le 29, elle sera à Festieux. Ce mardi soir, c’est Soissons avec Alain Vidalies.
 
Le député des Landes et Secrétaire national au travail et à l’emploi a participé à l’élaboration du plan socialiste pour les retraites. Soissons est sa septième étape. De Dinan à Evreux jusqu’à Mont-de-Marsan, il a pris la route pour exposer la réforme juste équilibrée et durable du Parti socialiste et dénoncer le système présenté la semaine dernière par le gouvernement. « Je connais un peu toutes les lignes de chemin de fer de France » s’amuse-t-il. L’exposé est bien rôdé. Clair et pédagogique. Quarante-cinq minutes pour détailler le système des retraites français « composé de deux bornes, 60 ans l’âge à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite, et 65 ans, l’âge auquel on peut partir sans décote même si on n’a pas toutes les annuités ». Le député explique comment les socialistes prendraient en compte la question de la pénibilité, et comment il est possible de trouver d’autres recettes « faire payer les revenus du capital et du patrimoine » plutôt que « d’aller piquer dans la caisse du Fonds de réserve pour les retraites ou de faire travailler deux ans de plus pour les beaux yeux de la princesse ». Alain Vidalies dénonce également « l’enfumage » du gouvernement sur le sujet « La droite présente la facture de la crise aux gens les plus défavorisés. La réforme de la droite n’est pas une réforme pour les retraites mais une réforme pour les marchés financiers ».
 
La salle réagit à l’exposé du Secrétaire national. Alain Vidalies est, ce soir-là, interpellé sur les questions de pénibilité. Jean-Marie est couvreur, il vient de voir partir en retraite un de ses employés après 44 ans de cotisation. « HS » commente-t-il. Dans le bâtiment, les conditions de travail difficiles, il connaît. « J’ai l’impression qu’on est en train de dire aux gens que tant qu’ils n’ont pas un bras un moins, ils peuvent continuer à travailler. Tant qu’il leur reste un œil, ils sont bons pour le service. Et l’éboueur, il va continuer à courir après son camion poubelle à 62 ans ? » Ces Rencontres sont aussi l’occasion pour certains de parler de leur cas personnel et de leurs inquiétudes : « Il faut encourager les gens à résister car la question sociale sera au bout du bulletin de vote en 2012 ». Le député des Landes sera lui à Charleville-Mézières lundi soir.
 
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