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Parti socialiste

Vie du PS Vendredi 21 Octobre 2011 à 16:00

Convention du parti présidentiel sur le projet socialiste : UMP ou Un Mensonge Permanent

 

Le 18 octobre, une Convention de l'UMP était consacrée…au projet socialiste. La réciproque serait impossible : nous, socialistes, ne pouvons leur rendre la pareille puisqu’il n’y a pas de projet UMP. Ou plutôt, si. Début septembre, à Marseille, une version initiale fut rendue publique lors du « Campus d'été » du parti sarkozyste. Il a suffi que M. Le Maire, son rédacteur, dévoile deux propositions – la fiscalisation des allocations familiales et la baisse de l'indemnisation chômage des cadres – pour que l'embryon du projet UMP soit remisé au magasin des accessoires. Bref, ce document eut la durée de vie des éphémères, ces insectes qui, à l'âge adulte, ne vivent qu'un jour.

 

L'impression d'ensemble, c'est le décalage.

Décalage entre un pays qui aspire au rassemblement et une droite qui cultive l'affrontement : deux heures trente de conclave, 40 intervenants, 15 ministres se sont succédés pour faire de la politique comme on n'en fait plus depuis la Guerre froide. Un peu comme pour le film The Artist, il fallait retirer la couleur de l'écran et soudain, la réalité apparaissait : un parti au bilan à dissimuler et sans projet à présenter décrivait un monde en noir et blanc, avec les bons et les méchants. 

Décalage entre deux conceptions de la citoyenneté : quel contraste entre les primaires citoyennes organisées par le Parti socialiste, fondées sur le débat argumenté avec les Français, et cette Convention du parti majoritaire rythmée par les caricatures, les contre-vérités et les peurs ! D'un côté, une citoyenneté éclairée par la gauche. De l'autre côté, des électeurs que la droite cherche à apeurer à coup de slogans assénés.

Décalage, surtout, entre la réalité présente de la situation française – et d'abord celle de ses finances publiques – et le procès instruit pour le futur contre la gauche. Voilà bientôt dix ans que la droite est au pouvoir et pour échapper à sa responsabilité, soit elle condamne ses prédécesseurs – qui ont quitté les ministères en 2002 –, soit elle accuse ses successeurs – qui sont dans l'opposition pour encore sept mois. Schizophrénie, théorie du complot, mémoire sélective, les têtes pensantes de l'UMP ne vont pas bien. D'où cette thérapie de groupe anti-PS. Quitte à pratiquer le déni de réalité.

C'était particulièrement frappant à propos de la mise sous surveillance de la France par Moody's survenue le jour même du show UMP. Pour affoler les citoyens, les dirigeants de la droite ont prétendu que l'alternance à gauche en 2012 entraînerait la dégradation de la France, donc le renchérissement des taux d'intérêt, donc la récession, donc l'appauvrissement des ménages et la faillite de nombreuses entreprises. L'ennui pour l'UMP est que « l'observation de la situation économique de la France » par l'agence de notation intervient alors que le Président de la République s'appelle Sarkozy, que son Gouvernement présente sa loi de finances pour 2012 à l'Assemblée nationale et que son ministre de l'Economie vient d'admettre que la croissance serait probablement inférieure à 1,5 % cette année. Ce qui menace la note souveraine de la France, ce n'est pas la gauche d'hier ou de demain, c'est la droite aujourd'hui.

Quand M. Baroin affirme que, s'il était mis en œuvre, le projet socialiste « vaudrait à la France de voir sa note dégradée en deux minutes », il oublie que c'est la politique économique et budgétaire menée depuis dix ans qui est actuellement dans le viseur des marchés financiers – ce n'est ni celle de L. Jospin hier, ni a fortiori celle de F. Hollande demain. George W. Bush et les faucons républicains avaient conçu la notion de « guerre préventive » ; voilà que l'UMP et son Président champion de l'impopularité s'en remettent à la « disqualification préventive » de la gauche. C'est aussi navrant qu'irréaliste. Les chiffres sont têtus ! Les déficits publics étaient de 1,6 % du PIB en 2001, ils étaient de 7,1 % en 2010 et ils seront de 4,6 % en 2011 au prix d'une première vague d'austérité pour les Français qui n'a fait que casser la reprise naissante et alors que va suivre – elle est dans les tuyaux de Bercy – une seconde salve de mauvais coups contre le pouvoir d'achat des salariés et des retraités. Quant à la dette, elle était de 912 milliards d'euros en 2002 et elle sera de 1800 milliards à la fin de ce quinquennat, dont 560 milliards directement imputables à la présidence Sarkozy. Sur l'ensemble de la période 1981-2011, la dette est passée de 21 % à 82 % du PIB : 75 % de cette hausse s'est produite sous des gouvernements de droite. Quant au Président sortant, il n'a aucune leçon de bonne gestion à donner. Ni présentes, ni lointaines : ministre du Budget entre 1993 et 1995, il augmenta la dette de 50 %. La même démonstration vaut pour les comptes de la Sécurité sociale : rétablis entre 1997 et 2001, ils accusent dix ans plus tard un déficit supérieur à 25 milliards d'euros. Quand il s'agit de gérer l'argent des Français, l'expérience l'a montré : c'est la gauche qui est sérieuse et c'est la droite qui est dispendieuse.

 

Jamais « UMP » n'a à ce point signifié Un Mensonge Permanent.

Il fallait surtout prêter attention au contenu de la Convention anti-PS de la droite : jamais « UMP » n'a à ce point signifié Un Mensonge Permanent. De la première à la dernière minute de ce conclave à grosses ficelles, les chevaux-légers du sarkozysme ont menti.

Mensonges sur les valeurs et les idées. Quand Mme Kosciusko-Morizet avance que l'expression « développement durable » n'est utilisée qu'une fois dans notre projet, elle ment : avec la notion de « croissance durable », elles sont évoquées à huit reprises, irriguent l'ensemble du texte qui s'ouvre même par l'exigence d'un nouveau modèle économique, social et écologique. Quand elle dit que « le PS propose de fermer les frontières », elle ment : parce qu'il est pour l'Europe ouverte et contre l'Europe offerte à tous les vents du libre-échange sans règles, le PS propose d'augmenter les droits de douane au niveau de l'Union européenne sur les produits qui ne respectent pas les normes internationales en matière sanitaire, sociale et environnementale, le temps nécessaire pour que celles-ci soient respectées. Quand M. Huygues lance que « le PS veut diminuer le nombre de places de prison » et « installer un numérus clausus », il ment : dans notre projet, il n'est question d'aucun de ces objectifs. Quand M. Bertrand affirme que nous proposons de « supprimer la liberté d'installation des médecins », il ment : le PS s'est engagé à demander aux jeunes médecins d'exercer dans une zone de santé prioritaire pendant les premières années à la sortie des études et à définir les modalités de cette régulation en concertation avec les professionnels et les élus locaux – faute de quoi les déserts médicaux dans les banlieues et dans les campagnes continueront de s'étendre. 

Mensonge sur le chiffrage du projet. Rappelons que le projet socialiste était adossé à un projet de financement précis : sur 70 milliards d'euros de niches fiscales et sociales improductives pour l'économie ou inéquitables socialement décidées depuis 2002, il prévoit de revenir sur 50 milliards en cinq ans. Durant la législature – en tenant compte évidemment de la conjoncture économique car l'économie exige un pilotage fin –, la moitié de ces recettes complémentaires sera affectée à la réalisation de nos priorités que rendront par ailleurs possibles des redéploiements budgétaires et l'autre moitié sera consacrée à la réduction des déficits et de la dette. Le projet socialiste précise également que si notre stratégie de redressement financier repose sur des décisions nationales, l'objectif est aussi de parvenir à la création d'une taxe sur les transactions financières en Europe dont la moitié du produit sera consacrée à l'assainissement des comptes publics dans la perspective d'un retour à l'équilibre. Du coup, le chiffrage par l'UMP de notre projet apparaît caricatural et même carrément délirant ! Voilà qu'on nous accuse de préparer 255 milliards d'euros de dépenses supplémentaires et 126 milliards d'euros de hausses d'impôts : pourquoi pas 300 et 200 ? A l'UMP, Ubu n'est pas seulement roi : il est aussi comptable...

C'est que l'UMP a de sérieux problèmes avec la vérité. Par exemple, le Parti socialiste a évalué le coût des 300 000 emplois d'avenir pour les jeunes en cinq ans à 4 milliards d'euros maximum et précisé qu'ils seront financés par la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires. En comptabilité UMP, cela donne 20 milliards d'euros car la droite a confondu le coût de cette mesure sur cinq ans et le montant sur un an... Quant au retour à 60 ans de l'âge légal de la retraite pour les salariés qui ont travaillé tôt ou exercé des métiers pénibles et qui disposent de l'ensemble de leurs annuités, voilà que l'UMP l'estime à... 87 milliards d'euros ! L'ennui, c'est que M. Woerth, lorsqu'il présenta l'ensemble du plan Sarkozy-Fillon sur les retraites, avait estimé les économies dégagées à 16,8 milliards d'euros en 2018. D'où viennent les quelque 70 milliards de différence surgis sur le compteur UMP ? Là aussi, la droite ne juge pas utile d'argumenter. Avec de telles façons de compter, on comprend mieux que les dirigeants actuels aient creusé les déficits et fait exploser la dette !

Mensonge sur la fiscalité quand l'UMP accuse le PS de préparer un « choc fiscal ». Là aussi, la mémoire de la droite lui joue des tours. Candidat, M. Sarkozy avait promis qu'il n'augmenterait pas les impôts. Résultat : le projet de loi de finances pour 2012 – élaboré par son gouvernement – indique qu'à la fin de son mandat, ils auront progressé d'un peu plus d'un point de PIB, soit 20 milliards d'euros. Le choc fiscal, c'est pour maintenant et c'est avec l'actuel Président ! Surtout, pas un mot dans la convention UMP de l'injustice fiscale qui a prévalu au cours des dernières années : suppression de l'ISF (1,8 Md€), droits de succession et donation (3,7 milliards), niche Copé sur les plus values de sessions de filiales des grands groupes (22 milliards d'euros sur 3 ans), TVA réduite dans la restauration (3 milliards d'euros), suppression de la taxe professionnelle (4,8 milliards d'euros par an jusqu'en 2017), bouclier fiscal qui, malgré sa suppression, coûtera encore 500 millions d'euros au budget de l'Etat jusqu'en 2013. Et on en oublie ! Le compteur qui chauffe, c'est celui qui comptabilise les dépenses fiscales de la droite sans effets sur la croissance et l'emploi. 

Rappelons que dans le projet socialiste, l'objectif de la réforme fiscale est d'abord de remettre de la lisibilité et de la progressivité dans l'impôt pour le rendre plus simple et plus juste, même si son déploiement au cours de la législature permettra aussi dégager des ressources supplémentaires grâce à l'imposition des revenus du capital au même niveau que celle des revenus du travail.

Les deux autres sources de financement de nos priorités sont, on l'a vu, l'annulation au cours de la législature de certaines niches injustes et inefficaces, d'une part ; d'autre part le soutien à la croissance par une politique active de soutien à l'emploi, à la réindustrialisation, à la recherche et à l'innovation, grâce notamment à la réorientation de la fiscalité et de l'épargne vers l'investissement productif plutôt que vers la finance ou la rente. A cet égard, l'UMP aurait pu évoquer notre proposition d'une Banque publique d'investissement regroupant pour les mutualiser l'ensemble des outils de financement des entreprises qui existent déjà (autour de la Caisse des dépôts avec Oséo, l'emprunt national, le Fonds stratégique d'investissement, les structures d'accompagnement des entreprises de la Banque de France, ainsi que les outils régionaux de capital-investissement).

Enfin, l'UMP ne dit pas un mot des mesures prévues par le projet socialiste et qui ne coûteront pas un euro au budget de l'Etat. C'est le cas de la Banque publique d'investissement, précisément, mais aussi de l'encadrement des loyers à la première location ou à la relocation dans les zones de spéculation immobilières, de la mise en place d'une tarification progressive de l'eau, du gaz et de l'électricité, ou encore de la TVA éco-modulable qui diminuera pour les produits non polluants et qui augmentera pour les autres.

Pas un mot non plus des dirigeants UMP à propos des redéploiements que nous avons indiqués dès la présentation de notre projet. Pour l'éducation, la réduction du redoublement dans le primaire et le secondaire améliorera l'encadrement des élèves. Pour le logement, la fin des mesures de défiscalisation de l'investissement locatif permettra de construire des logements sociaux. Pour la santé, le paiement au forfait donnera des moyens pour une politique nationale de prévention. Quant au recentrage du crédit impôt recherche sur les PME innovantes, il dégagera des moyens considérables pour la recherche privée et publique.

Mensonge sur la sécurité. Quand les responsables de l'UMP affirment que les polices municipales seront désarmées et que la police des quartiers travaillera en bonne intelligence avec « des dealers devenus d'aimables commerçants grâce à la légalisation du cannabis », ils n'ont manifestement pas lu le projet qu'ils critiquent : aucune de ces mesures n'y figure ! Inutile de revenir sur le fiasco Sarkozy : 10 000 postes de policiers et gendarmes ont été supprimés, la police de proximité a été démantelée et la Cour des comptes, dans un récent rapport, a établi qu'entre 2002 et 2009, les atteintes à l'intégrité physique des personnes a connu une hausse de + 20 %. La création de 10 000 postes de policiers et gendarmes sur cinq ans, l'instauration d'une police des quartiers, la définition de zones de sécurité prioritaires où seront affectés davantage de forces de l'ordre, mais aussi de personnels de justice, éducatifs et sociaux, ou encore le recours à des sanctions proportionnées à la gravité de l'acte mais systématiquement exécutées – nos propositions pour l'ensemble de la chaîne pénale sont précises et couplées à des politiques actives pour la ville et l'urbanisme, le logement, l'égalité des chances, la présence des services publics de proximité. Il suffit de se reporter à notre projet pour le vérifier.

 

Au fond, la Convention UMP ne dit rien sur le projet socialiste, mais elle dit beaucoup de la campagne qu'entend mener la droite en 2012 contre la gauche. Une campagne mensongère qui prétendra que les socialistes aggraveront la crise. La bataille contre Sarkozy sera doctrinale autant qu'électorale : projet contre bilan, propositions sérieuses contre gestion calamiteuse, vérité contre mensonge, espoir contre peurs, volonté de gauche contre fatalité de droite.