Vie du PS Vendredi 27 Août 2010 à 20:14
Élections régionales : décryptage des résultats
En un an, la crédibilité du PS a gagné 10 points, Martine Aubry étant plébiscitée sur les valeurs de rigueur et de rassemblement. Comment consolider ce mouvement vers le PS ? Quels enseignements tirer des élections régionales ? Si Nicolas Sarkozy est, aujourd’hui, le plus impopulaire des présidents, il a néanmoins un socle électoral solide qui ne connaît que peu d’érosion.
Jérôme Fourquet croise une approche cartographique post-régionale de la répartition des forces politiques avec d’autres données pour obtenir des clés de lecture. Ainsi, du phénomène d’abstention différentiel important dans les régions qui votent à droite : plus Nicolas Sarkozy fait des scores en 2007, plus l’abstention est forte. C’est le résultat de la très forte dégradation de la confiance de ses électeurs en matière économique et sociale comme en matière de lutte contre l’insécurité. Les régionales montrent l’état des forces à gauche entre PS et écologistes, avec des ilôts verts urbains qui se consolident, et le début de dynamique retrouvée par le FN.
Gaël Sliman évoque l’état de l’opinion dossier par dossier, avec des focus sur des points marquants, notamment la proximité partisane. De qui les Français se sentent-ils les plus proches ? L’impact des régionales permet au PS de se retrouver le parti nettement leader de l’opposition. Mais si le PS est cité comme meilleur sur les 4 domaines les plus prioritaires pour les Français (emploi, éducation, santé, réduction des inégalités), le ni-mieux ni moins-bien reste majoritaire: Ainsi, il n’est pas encore jugé crédible dans la proposition.
De nombreux camarades s’interrogent sur l’évolution de la stratégie du FN. L’analyse des animateurs démontre que Marine Le Pen a compris que la France était de moins en moins xénophobe et a entrepris de jouer le territoire contre la mondialisation. Elle fait évoluer le logiciel du FN vers la protection de la classe ouvrière sous forme tribunicienne.
Les changements sociaux ont une implication forte sur l’évolution des votes : Vincent Tiberj relève plusieurs points clés qui peuvent conforter la gauche dans ses espoirs de gagner : la sécularisation de la société, l’élévation du niveau de diplôme, la mutation du marché du travail, la montée en force de la diversité. Le vieillissement de la population et l’arrivée de cette nouvelle génération d’électeurs qui ne se comporte pas comme les anciens, est un facteur fondamental. Elle se traduit parallèlement par une montée de l’électeur conjoncturel, mobile, qui se mobilise en fonction de l’importance de la campagne, des enjeux et sur les candidats.
En conclusion, le Parti socialiste pour gagner doit présenter un projet fort, alliant à égalité projet culturel et projet socio-économique.
