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Université d’été du PS et du MJS - La Rochelle 2010 - La vie qu'on veut

Université d’été du PS et du MJS - La Rochelle 2010 - La vie qu'on veut

Société Samedi 28 Août 2010 à 12:13

Faire société

Pour Myriam Revault d’Allonnes, faire société, c’est concevoir la politique citoyenne comme avant tout un rapport horizontal et non comme un rapport vertical de domination.
La modernité philosophique a fait de l’individu un fondement prioritaire de la société, ce qui engendre une tension utilitariste. Dans cette modernité, la politique est relativisée : ce n’est plus qu’un moyen de faire cohabiter les individus, non plus un cadre citoyen d’expression collective.
En effet, la démocratie n’est pas qu’un mode juridico-politique. C’est à la fois une manière de vivre ensemble, et une disposition de valeurs subjectives.
Ainsi, le débat actuel sur la sécurité active le sentiment de peur. Dans l’absolu, ce sentiment n’est pas négatif, à condition que le débat permette de le dépasser. En ce moment, il s’agit plus de créer une forme de communion dans la peur. On est passé d’une recherche de la sûreté à une identification au sentiment d’insécurité.
A ce titre, la bataille des valeurs est un combat qui ne doit pas être minoré.
 
Pour Michel Wieviorka, notre société est traversée par deux tendances fortes. D’une part, une montée de l’individualisme et du consumérisme post matérialiste, exacerbant l’égoïsme et l’abstraction de la réalité. D’autre part, une montée de particularismes mémoriels ou victimaires, exacerbant les réflexes identitaires ou communautaires.
Pour autant, nous ne devrions pas opposer les principes universalistes et les identités. En effet, si l’universalisme des Lumières nous apporte des droits et un destin communs, la prise en compte de ces aspirations identitaires permettront de contrer le communautarisme en reconnaissant qu’on peut vivre ensemble tout en vivant différemment.
 
Pour Fabienne Brugère, le néolibéralisme renforce la vulnérabilité sociale, environnementale et vitale des vies réelles : dans ce cadre, « toutes les vies ne se valent pas ».
La politique du « care » ou du soin mutuel est une réponse au besoin de justice sociale. Elle s’articule autour de trois concepts.

La démocratie de l’égalité des voix doit permettre, par une politique institutionnelle de valorisation des personnes vulnérables, de passer de dépendances subies à des interdépendances assumées.

La construction d’un nouvel Etat social doit permettre de remettre de l’Etat dans et avec la société civile : « l’Etat prend soin de moi, et en retour je prends soin des autres ».

Enfin, l’élaboration d’un nouveau modèle de société doit permettre de dépasser la notion de rationalité économique faisant de la croissance l’unique finalité, pour lui substituer un modèle social, environnemental et de création citoyenne.

 
Ces trois intervenants ont tenu à attirer notre attention sur l'intérêt de la notion de « capabilities » et des nouveaux indicateurs de développement qu’a pu développer Amartya Sen.
 
Bertrand Delanoë, Adeline Hazan et Manuel Valls ont poursuivi la réflexion, en arguant de la responsabilité du politique, y compris dans les collectivités, pour retisser du lien social et réinjecter du vivre ensemble dans la société face à la déchéance morale de ce gouvernement, et à la crise démocratique qui gonfle dans le pays. Bertrand Delanoë insiste sur la profonde déchirure de la société française et la nécessité d'un changement de cap. La société de 2012 cumule toute les inégalités territoriales, générationnelles, hommes-femmes.
Adeline Hazan se félicite d'une certaine homogénéité des socialistes sur les questions de sécurité. Elle dénonce l'approche segmentée de la droite sur tous les sujets de société aux antipodes des exigences du "vivre ensemble".
Enfin, Manuel Valls appelle de ses voeux une réhabilitation de la nation républicaine face aux dérives de la droite exprimées, tout l'été par l'équipe de Nicolas Sarkozy.