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Faut-il avoir peur de la dette ?

Le débat sur la dette a été riche et ouvert, dans une salle comble.

 

La discussion s’est structurée autour de deux questions centrales : les causes de la dette et les marges de manœuvre existantes :

Sera-t-il possible de mener une politique de relance en 2012 si la gauche accède au pouvoir ou devrons-nous adopter obligatoirement une politique de réduction des déficits ?

 

Selon les intervenants, deux facteurs principaux expliquent l’explosion de la dette publique, qui est survenue depuis 2002 mais surtout depuis 2007 : la crise et le déficit de croissance, et les réformes fiscales de la droite.

 

Les politiques d’exonérations fiscales menées par la droite ont gravement amputé les recettes sans produire les effets attendus sur la croissance, bien au contraire. Pour l’ensemble des intervenants, la gauche devra donc obligatoirement revenir sur les baisses d’impôts et mener une véritable réforme fiscale.

 

Plusieurs pistes ont été données et ont fait l’unanimité, chez les intervenants comme dans la salle : la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu et l’augmentation du taux marginal de l’impôt sur le revenu. Par contre, un point de divergence est apparu quant à la réforme de l’ISF : faut-il ou non remplacer les impôts sur le patrimoine par une imposition plus lourde sur les revenus ? Les débats ont été vifs sur ce sujet, sans parvenir à un consensus.

 

Cependant, le débat sur l’ampleur de la dette liée au déficit de croissance n’a pas été tranché. Pour une partie des intervenants, la croissance doit restée une priorité et son retour est nécessaire pour rétablir les comptes publics. Les politiques de rigueur doivent donc être annulées et la priorité doit au contraire être accordée aux politiques de relance, afin que l’économie retrouve son taux de croissance potentiel.

 

A contrario, l’analyse alternative pointe l’ampleur des emprunts effectués par l’Etat sur les marchés financiers, la charge des intérêts de la dette et le risque de voir les taux remonter sous le coup d’une dégradation de la note de la France par les agences de notation. Compte tenu de ces éléments, il est nécessaire de mener dès aujourd’hui des politiques de réduction des déficits et de la dette. L’ampleur de la dette et de sa charge réduit fortement les marges de manœuvre et il est nécessaire de se poser la question de l’utilité de toutes les dépenses publiques.

 

Le débat a donc été riche, relancé par les questions de la salle sur le potentiel de croissance de la France ou le rôle des agences de notation. Tous se sont accordés pour conclure à la nécessité d’une véritable réforme fiscale, qui augmenterait la fiscalité sur les plus hauts revenus et la progressivité de l’impôt, nécessaires pour la lutte contre les inégalités et au final le retour de la croissance et des recettes.