Economie, entreprise, industrie Vendredi 21 Décembre 2012 à 11:12
François Hollande : déficit, croissance, emploi, «quand je fixe un objectif, c’est pour l’atteindre: nous ne renoncerons à rien»
Invité d'Europe 1, le chef de l'Etat est revenu sur son déplacement en Algérie puis sur la situation au Mali et sur le retrait des troupes en Afghanistan avant d'évoquer les questions de politique intérieure : croissance, emploi, déficit ou encore dialogue social. François Hollande s'est dit déterminé à atteindre les objectifs qu'il s'était fixés.
Un voyage «utile pour la France et pour l'Algérie»
De retour d'Algérie, le président de la République a qualifié son déplacement d'«utile pour la France et pour l'Algérie.» Souhaitant qu'un «nouvel âge» s'ouvre dans la relation franco-algérienne, François Hollande a estimé qu'il devait être fait d'opportunités pour l'emploi, de la croissance et des jeunesses des deux pays.
Interrogé sur la reconnaissance des «souffrances infligées au peuple algérien par le système colonial», le chef de l'Etat a estimé qu'il «convenait d'être extrêmement clair» sur ce sujet et qu'il était d'autant plus important de le dire qu'il ne s'agissait pas des valeurs de notre pays :
Voilà ce que j’ai à faire : c’est permettre qu’il y ait cette réconciliation autour des mémoires et qu’en même temps nous puissions avancer.
Mali : la France dans son rôle, celui de la lutte contre le terrorisme
François Hollande s'est tout d'abord félicité du vote à l'unanimité d'une résolution autorisant une action militaire des Etats africains au nord-Mali, car cela «change tout». En effet, cette résolution permet «le dialogue politique» avec «les groupes qui ne sont pas terroristes» afin qu'ils «puissent être réintégrés dans un processus politique et combattre eux aussi le terrorisme.»
Le président de la République a estimé pour sa part qu'il excluait toute action militaire française au Mali et que la France avait été dans son rôle en portant cette résolution devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Afghanistan : Hollande salue «le courage des soldats» qui ont permis le retrait
Conformément à l'engagement qu'il avait pris lors de l'élection présidentielle, le retrait des forces combattantes d'Afghanistan est désormais chose faite. Le chef de l'Etat a d'ailleurs souligné le rôle qu'avait joué l'armée dans ce retrait :
Je veux saluer la qualité de nos cadres militaires qui ont permis ce retrait, le courage des soldats, car ils ont été, jusqu’au dernier moment, sous la menace, quand ce n’est pas sous les tirs, donc cette opération a été réussie.
Puis de rappeler qu'il y aura désormais une coopération entre les deux pays sur la formation, les soins hospitaliers et aussi sur le bon fonctionnement de l'hôpital et de l'aéroport de Kaboul.
Négociation sur la sécurisation de l'emploi: François Hollande appelle au compromis
Après l'échec des négociations entre patronat et syndicats sur la sécurisation de l'emploi, François Hollande a appelé les deux parties au compromis :
Je dis aux partenaires sociaux, que l’occasion ne soit pas manquée, et au patronat en particulier, parce que n’attendez pas que la loi fasse ce que les partenaires eux-mêmes n’auraient pas convenu. Je pense qu’il y a un moment où chacun doit prendre sa responsabilité. (…) Les partenaires sociaux prennent un peu plus de temps, et je peux parfaitement comprendre, et je préfère qu’il y ait un peu plus de temps, et un accord, que tout de suite et pas d’accord.
Maintien de l'objectif d'inversion de la courbe du chômage fin 2013
Suite aux prévisions de l'Insee qui prévoit une faible croissance (0,1% au premier semestre 2013) et une poussée du chômage, François Hollande a rappelé qu'il avait d'ores et déjà annoncé que l'année 2013 serait très difficile, que le chômage allait continuer à augmenter mais qu'il continuait à fixer l'objectif d'inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année prochaine:
La volonté qui est la mienne, c’est qu’à la fin de l’année 2013, mais ça va être long, la fin de l’année 2013, il y ait une inversion. Une inversion ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le chômage, à ce moment-là, régressera.
En conclusion, le président de la République s'est dit déterminé à faire respecter l'ensemble des objectifs fixés sur l'emploi, sur les déficits comme sur la croissance.
C’est notre objectif, et quand je fixe un objectif c’est pour l’atteindre, ce n’est pas pour dire, avant même que nous ayons fait les premiers mois de l’année 2013, «écoutez, nous allons renoncer.» Non, nous ne renoncerons à rien.
