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Université d’été du PS et du MJS - La Rochelle 2010 - La vie qu'on veut

Université d’été du PS et du MJS - La Rochelle 2010 - La vie qu'on veut

Education, recherche, culture Dimanche 29 Août 2010 à 14:46

Ils marchaient vers une terre d’asile

Un esprit artistique, engagé sur le monde. Pouria Amirshahi a invité l’équipe du Théâtre en action àprésenter un spectacle original, dans le cadre de l’opération Hors les Murs organisée à l’occasion des Universités d’été de La Rochelle. Un texte créé et mis en scène par Renata Scant. Une lecture à quatre voix (8, sur scène) qui met en scène un jeune immigré au destin tragique.

 

« Adhérer, c’est résister ! » La Compagnie du « Théâtre en Action » construit sa démarche comme un engagement et une résistance. Résistance parce que les artistes, citoyens du monde et responsables, s’emploient à préserver et conforter des valeurs d’humanisme et de justice. Mais pour conduire cette démarche, pour qu’elle ait un sens et une résonance, elle a besoin du public auquel elle propose d'adhérer au Théâtre en Action. « Non pour être seulement des spectateurs, mais des partenaires dans la réflexion comme dans la convivialité ».
 
Le récit :
Un samedi soir, à la fête foraine, Désiré, un jeune noir de 22 ans, sourd muet, tente d'échapper à un contrôle de police. Il est "sans papiers". Dans sa panique et dans sa fuite, après avoir lâché sa valise, il est victime d'un accident de voiture.
Une femme, Myriam, témoin de l'accident récupère la valise. Elle contient des lettres de Désiré à sa mère. Et c'est à travers ses lettres que l'on va connaître le parcours du jeune homme. Le parcours de ceux qui marchent vers une terre d'asile… Nadj, la fille de Myriam, nous conduit vers ceux qui soutiennent les sans papiers, au travers d’un récit émouvant, tragique et d’une réalité troublante.
Confrontée à l’incompréhension de sa propre famille, celle-ci oppose une vision résolument progressiste et humaniste aux propos acerbes et xénophobes de ses proches. Où la douleur, la solitude et la sombre destinée d’un marcheur solitaire, dont le pas ne cesse de s’alourdir au fil du récit. Sombre tableau qui sonne comme un véritable réquisitoire contre le « pays des mille lumières ». La motivation cède peu à peu le pas au désespoir. Celui d’un "sans papiers" qui fuit un désert pour en retrouver un nom. Peu à peu, il perd son nom, son visage, le droit de vivre. Il devient anonyme, un animal craintif, terré comme une bête. Avec la crainte qui le mène au désespoir. Après un tel espoir, le voici qui vient se fracasser contre les récifs du pays des droits de l’homme.
Derrière les maux, transparaît une critique en règle du modèle sarkozyste. Une France estampillée « FN » où les « fraudeurs », « menteurs », « immigrants », « terroristes », « pestiférés » et autres « errants » sont jugés hors la loi. La misère y apparaît comme une idée honteuse et contagieuse. Et les coupables pointés du doigt. Ceux-là mêmes qui organisent la xénophobie et le racisme, sur fond de débat sur l’identité nationale. Terrible réquisitoire que ce récit sans concession qui donne de notre pays et de ses gouvernants une image pathétique. Quand l’amalgame fait loi. Une pépite.
 
Bruno Tranchant