L’histoire du Parti Socialiste
Marion Fontaine revient sur les rapports complexes que le PS entretient avec son histoire, et sur l’incidence que cela a eu, et continue d’avoir, sur la forme et l’état du Parti. Les questionnements du début du XXe siècle se renouvellent, se réactualisent au XXIe siècle : quel lien et quel lieu pour les partisans ? Quelle culture et quelle morale militantes ? Le PS, avant tout, tente de résoudre cette équation posée par Jean Jaurès en 1900 : être encore aujourd’hui le lieu géométrique de toutes les grandes choses et de toutes les grandes idées.
Pour Gilles Morin, le PS a réussi il y a peu à réconcilier son passé récent et son passé fondateur, en fêtant en 2001 les 30 ans de son existence, puis, en 2005, dans un même mouvement et sans contradiction, en fêtant ses 100 ans. Il change peu à peu son regard sur cette histoire, qu’il a vu longtemps au prisme de ce qu’en disait les autres, forçant dès lors les socialistes à entretenir un rapport particulier à leur identité. Une histoire parfois source de culpabilité – l’Union Sacrée, le Front Populaire et la non-intervention en Espagne, l'Algérie- , tout en cultivant certains moments « héroïques » – les politiques de ce même Front Populaire, la Résistance, le foisonnement entre 1971 et 1981 – et personnalités charismatiques – Blum, Jaurès, Mitterrand.
Ayant tracé les contours des rapports qu’entretiennent les socialistes à leur histoire, les intervenants ont souhaité discuter avec la salle, afin que s’expriment questionnements, analyses, espoirs, doutes ou déceptions. Les échanges ont été francs, tant dans les questions sur les fondements doctrinaux du Parti, que sur les rapports « vécus » au sein Parti. Clémence interroge sur les oubliés de cette histoire ; Louis (Mexandeau) déplore un retard doctrinal et idéologique du Parti, qui a fait disparaître le concept de « parti révolutionnaire » dans sa déclaration de principes. Plusieurs participants questionnent le lien existant entre valeurs, fondements, et actions du Parti : comment traduire ses principes en programme ? D’autres encore interpellent sur la place des militants, entre anonymat et engagement local, souhaitant néanmoins toujours apporter leur pierre à l’édifice.
Une dernière série de questions ; l’atelier est terminé. Mais l’Histoire s’écrit de plus belle.

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