Emploi et travail Samedi 28 Août 2010 à 21:54
La reconquête du travail
Corinne Rouxel est ensuite intervenue pour détailler des données statiques qui étayent un lien entre les emplois précaires et l'organisation des conditions de travail. Il y a également, selon elle, un lien étroit entre ce type d'emploi et l'état de santé des personnes. Pour Danièle Linhart, le véritable changement dans le travail moderne conduit à ce que la souffrance soit vécue de manière individuelle. Elle n'est plus partagée parce qu'elle renverrait à une inadaptation au travail. Enfin, elle a insisté sur le fait qu'il y a au cœur de certaines politiques de management l'objectif affiché de déstabilisation systématique du salarié. Philippe Askenazy s'est concentré sur ce que les politiques peuvent faire aujourd'hui, les leviers dont ils disposent et a décliné la proposition de création d'emplois verts. Selon lui, l'État et les collectivités territoriales ont les moyens d'imposer des emplois de qualité comme condition des appels d'offre des marchés publics. Catherine Mills a développé une proposition très détaillée de sécurisation des parcours professionnels qui viserait à ce que chaque personne, sortie du système de l'enseignement, s'affilierait à un service public qui lui garantirait tout au long de la vie le droit à une formation rémunérée dans les périodes de non emploi. Pour Gaëtan Gorce, reconquérir le travail est un travail collectif qui demande réflexion. Ce qui est important, c'est les conditions dans lesquels le travail est réalisé. Cette question est liée à un rapport de force au sein de l'entreprise qui n'est pas favorable aujourd'hui au salarié du fait de la crise. Les exonérations de cotisation devraient être réorientées vers l'investissement dans la formation et l'insertion. Il faudrait en outre recréer des droits individuels comme celui de la formation individuelle.
Les interventions ont laissé place à un riche débat avec le public. Frédéric du 20ème arrondissement de Paris a pris la parole pour expliquer que la dimension collective du travail a été détruite par la droite qui a menti sur le "travailler plus pour gagner plus". Henri a estimé qu'il fallait développer un véritable discours sur la santé des chômeurs. Régis Juanico a conclu sur la responsabilité de la gauche dans la restauration du code du travail. Il faudra revenir notamment sur les éléments de remise en cause de la réduction du temps de travail. Il a insisté sur la mise en place de nouveaux mécanismes de prévention de l'usure professionnelle, comme l'aménagement des secondes parties de carrière ou encore le tutorat.
