Développement durable et ruralité Samedi 25 Août 2012 à 16:55
La relocalisation des productions agricoles : une solution pour l’emploi et les territoires ?

Le terme de relocalisation agricole est employé depuis plusieurs années au PS, rappelle Germinal Peiro. Ce concept répond à deux enjeux. Induit par le capitalisme, le désordre de la distribution alimentaire consistant à acheter des denrées partout dans le monde, sans aucune régulation, provoque des crises graves tant à l’échelle mondiale que nationale. De plus, le changement climatique impose de prendre en compte les modes de production et d’acheminement des produits. Le droit des peuples à assurer la sécurité de leur approvisionnement alimentaire guide la politique agricole que les socialistes promeuvent.
Mettre ce principe en œuvre chez nous, c’est un défi auquel des collectivités socialistes se sont attaquées. Dominique Chachuat expose l’orientation choisie par le conseil général de Seine-Maritime : promouvoir l’autonomie des exploitations agricoles (énergétique, alimentaire, intrants) et travailler sur le débouché de leur production. Le programme de restauration collective mis en place (collèges, lycées) concourt à leur ouvrir un nouveau marché : les appels d’offre sont étudiés de façon à permettre aux producteurs locaux et bio de concourir. La logistique et la structuration des filières (agricole et agroalimentaire) requièrent donc une grande importance.
Estelle Royet souligne la disparition dramatique des petites exploitations (26% en 10 ans). Développer les circuits courts est un impératif de survie mais cela nécessite une diversification des productions et pose deux difficultés majeures : la cohérence du travail dans les exploitations et l’entente indispensable entre plusieurs exploitants. La création de structures adaptées est donc indispensable, à l’exemple de la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) créée en Dordogne pour chapeauter plusieurs plateformes d'approvisionnement.
Dominique Potier souligne l’importance pour les agriculteurs de pouvoir contractualiser : entre eux pour faire face à la libéralisation ; avec les métiers de bouche pour élargir les débouchés.
Enfin, les débats, riches, ont mis en exergue la nécessité de :
- revoir le fonctionnement des SAFER (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), des CDOA (Commission Départementale d'Orientation de l'Agriculture) et des chambres d’agriculture,
- aborder la pression du foncier et l’établissement des jeunes agriculteurs,
- régionaliser les aides PAC et réorganiser leur attribution (80 % des aides vont à 20 % des producteurs – grands céréaliers essentiellement).
