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Parti socialiste

Jeudi 17 Février 2011 à 10:44

Le besoin de reconnaissance

12/01/2011

Rencontrer des jeunes d'Aubervilliers, telle a été la proposition qui m'a été faite, suite à une précédente recherche consacrée aux jeunes d'un quartier de l'agglomération lyonnaise, afin de discuter avec eux, faire ressortir leurs préoccupations, ce qui devrait changer, ce dont ils ont envie...


S'il est convenu de dire qu'on rencontre des "gens formidables en banlieue", il l'est beaucoup moins d'évoquer la surprise, et le malaise, qu'on éprouve à chaque fois face à leur sentiment de se sentir "à la marge". Car cette discussion a une nouvelle fois fait ressortir avec force leur sentiment de ne pas être reconnus dans/par la société, d'être "freinés", d'avoir à "en faire deux fois plus", de ne pouvoir prouver leurs compétences... le tout provoquant un "découragement par anticipation". Lassés de cette situation,  refusant la stigmatisation qui les poursuit, ces jeunes expriment leur pessimisme et leurs doutes.

Comment leur redonner espoir, comment parvenir à lutter contre un racisme qui ne dit pas son nom et qui continue d'en faire des "citoyens de seconde zone" ? Pour obtenir un logement, un emploi stable, plus encore, pour être reconnu comme Français, ils se heurtent à une inégalité de traitement en raison de leur nom, de la couleur de leur peau... Vivre en banlieue, dans le 93, accentue encore ces difficultés. Car ces "quartiers sensibles" concentrent de multiples inégalités sociales, témoignant des transformations en cours, les habitants de la banlieue en faisant tout particulièrement les frais (chômage, pauvreté, ségrégation résidentielle, exclusion sociale...).

Ces échanges incitent à poser la question des changements à engager pour que ces "jeunes de banlieue" aient enfin toute leur place dans cette société. L'ampleur de la tâche est immense, mais c'est à ce prix qu'ils pourront être reconnus comme des acteurs à part entière de la société française.
 
Emmanuelle Santelli
Sociologue
CNRS, Centre Max Weber, INED