Comment le "care", entendu comme l'attention aux autres, peut-il participer à la construction d'un projet de société et servir de "boîte à idées" pour une vision plus humaine et moins technicienne de la politique?
Pour répondre à cette interrogation, le Laboratoire des Idées a organisé une table-ronde réunissant :
- Fabienne BRUGERE, philosophe
- Serge GUERIN, sociologue
- Ernst HILLEBRAND, politologue
- Ruwen OGIEN, philosophe
- Frédéric WORMS, philosophe
- Christian PAUL, député de la Nièvre et président du Laboratoire des Idées
- Alexis DALEM, Directeur général aux politiques du Parti socialiste
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PREAMBULE
par Christian PAUL
Le souci des autres peut-il prendre place dans un projet de société ? L’attention aux autres devient-elle une question dont s’empare la démocratie ? Oui, et c’est bien le sens du débat hautement politique qui s’est noué récemment en France autour du care, dans ses formes locales ou interpersonnelles que sont le soin ou la sollicitude, mais aussi dans une vision plus globale de l’évolution des institutions et des services publics.
Nous avons voulu faire un premier bilan de cette utile controverse, avec ses incompréhensions inévitables et ses vraies discussions. Au total, on le voit au terme de cette table-ronde, ceux qui ont dénié au care un statut et une force politiques ont probablement parlé bien vite…Ceux qui l’opposent à la conquête de nouveaux droits seront, je l’espère, rassurés par les échanges qui suivent. Sans en faire pour la gauche une formule magique, nous pensons que cette pensée créatrice contribue, avec d’autres propositions, à endiguer le mouvement de fond du néolibéralisme.
Elle n’y suffira pas, bien sûr ! Nous avons aussi à repenser les protections collectives menacées, le système productif en transition ou les régulations de la finance mondiale…Mais la dureté de ce monde ne nous empêchera jamais de vouloir lui redonner une forme humaine et des institutions justes. Le care et la justice sont complémentaires, également nécessaires.