Europe et international Samedi 28 Août 2010 à 22:12
Le Monde dans 20 ans : coopération contre compétition
D’emblée, Harlem Désir précise que lors de ces débats qu’il anime, le sujet n’est pas de prédire mais de penser les bouleversements, les grands défis auxquels il faut répondre. Ils sont globaux et à l’échelle mondiale : environnement, agriculture, migrations, crise financière, etc. Nous sommes loin de réaliser les grands objectifs fixés par les grandes institutions internationales. Comment refonder les grands outils de la coopération internationale ?
Hubert Védrine insiste sur la compétition mondiale accrue : démographie de certains pays, conditions de vie plus confortables acquises…. L’intensification des compétitions touche tous les domaines : l’indépendance énergétique, l’accès aux matières premières, la captation des cerveaux, le militaire, etc. On ne peut exclure qu’elles conduisent à des confrontations. Les mécanismes de coopération seront-ils assez forts pour éviter que les différends ne dégénèrent ?
Le grand changement socio-économique lancé au Brésil a conforté le pays dans une position importante sur la scène mondiale. Pour Marco Aurelio Garcia aucun pays ne peut exercer un rôle moteur dans le monde s’il n’est pas capable de régler ses problèmes intérieurs. Il souligne les efforts du Brésil pour développer la coopération en Amérique latine à travers un grand marché intérieur, dépassant le cadre des compétitions.
« La vie qu’on veut ! » message de l’Université d’été. Mais Aminata Traoré souligne qu’en Afrique, personne n’a choisi la vie qu’il mène. « On n’a pas à choisir entre coopération et compétition. La compétition est une guerre dont on n’a pas les moyens. Quant à la coopération, nous sommes les dindons de la farce ». « L’Afrique n’est pas pauvre, elle est riche mais elle est pillée ». Adama Samassékou la rejoint sur l’importance des valeurs, dénonçant l’occidento-centrisme des décideurs politiques fondé sur la culture de l’avoir aux dépends de la culture de l’être.
Nécessité d’explorer les discontinuités (situations de crise/moments favorables) et de projeter les contradictions pour avoir des moyens de manœuvre : pour Gustave Massiah, la crise globale est une double crise, celle du néolibéralisme et celle du capitalisme. Le mouvement altermondialiste appelle à mettre en œuvre à l’échelle mondiale l’égal accès aux droits pour tous.
Pour Pierre Moscovici, il faut agir dès maintenant sur ce qui est prévisible : la démographie, le changement climatique, la crise énergétique, le vieillissement des populations, l’évolution technologique, la nouvelle géopolitique et Laurence Rossignol insiste sur la nécessité de promouvoir une organisation mondiale de l’environnement.
Laurent Fabius conclut les débats en précisant que le projet international du PS qui fera l’objet d’une convention dans quelques semaines répond à nombre des questions évoquées : des engagements très clairs avec, notamment, une rupture avec la « France-Afrique" et un dépassement de la nature de notre coopération.
A nos camarades venus du Brésil et du Mali, chaudement applaudis par la salle, il tient à préciser que la Nation française est une construction citoyenne : l’autre visage de la France, celui que nous aimons, sera donné par la gauche en 2012.
