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Université d’été du PS et du MJS - La Rochelle 2010 - La vie qu'on veut

Université d’été du PS et du MJS - La Rochelle 2010 - La vie qu'on veut

Société Vendredi 27 Août 2010 à 18:49

Les classes sociales existent encore !

 
Poser la question des classes sociales aujourd’hui sous entendait essentiellement que la classe ouvrière, le cœur de cible des socialistes, n’existerait plus. Ou tout au moins, qu’elle serait fragmentée en plusieurs catégories.
Cet atelier a montré que la seule classe sociale dont on pouvait affirmer objectivement et subjectivement l’existence, est la bourgeoisie. Plusieurs intervenants se sont d’ailleurs référés aux travaux des sociologues Pinçon-Charlot, auteurs notamment de Les Ghettos du Gotha : comment la bourgeoisie défend ses espaces.

 

Les trois intervenants ont mené des analyses convergentes et complémentaires.

 

Camille Peugny a montré qu'en dépit de leur poids dans la société (ouvriers et employés représentent encore 57% de la population active en France), les classes populaires ne se pensent plus en tant que classe mais que s'y développe une perception individuelle des parcours et le cas échéant, du déclassement. La société française, comme un morceau de sucre, se dissout lentement . Mais les chômeurs, les ouvriers et aujourd’hui les classes moyennes inférieures, aspirées vers le bas, ne se vivent pas comme étant en conflit avec une classe dominante. Au contraire, ils entretiennent un ressentiment vis-à-vis de ceux qu’ils perçoivent comme étant les bénéficiaires du système et des prestations sociales.

 

Gaël Brustier a souhaité partir de la géographie sociale pour montrer que ce sont les couches populaires éjectées hors des centres-villes vers de lointaines zones péri-urbaines, qui doivent être reconquises par la gauche. Elles ne résident pas dans l'habitat social, ne vivent pas dans ces « banlieues » sur lesquelles se concentrent les médias, mais leur misère est réelle.
 
Rémi Lefebvre, lui, s’est réjoui de l’organisation de cet atelier après sa déception vis à vis du texte de la convention « Pour un modèle de développement » dans lequel le mot « ouvrier » n’apparaissait pas … Pourtant, un ouvrier a toujours une espérance de vie de plus de sept ans inférieure à celle d’un cadre et son mode de vie, malgré une certaine standardisation, est toujours très différent.
Une dizaine d’intervenants a pris la parole dans le public insistant sur certains points du débat. Notamment sur deux aspects : l’importance des termes employés, du vocabulaire (si l’on évoque par exemple l’ « ascenseur social », cela peut signifier qu’il "ne fait pas bon" être ouvrier) et la nécessité de diversifier la sociologie du personnel politique.

 

Deux conclusions essentielles peuvent être tirées des débats.

D’une part, c’est l’absence de conflit dans la pensée politique qui a anesthésié la vie politique. Qu’il s’agisse de l’opposition entre le capital et le travail ou des antagonismes internes au salariat. Nous devons les identifier pour permettre aux couches populaires et moyennes de se positionner elles-mêmes.

 

D’autre part, même si l’identification des électeurs des classes populaires à leurs dirigeants est forte, même si ces réflexions doivent être traduites dans un programme et un ensemble cohérent de mesures, l’important est de construire un récit, une histoire, qui rassemble l’ensemble de la société. C’est ce que Nicolas Sarkozy a tenté après François Mitterrand : coaliser l’ensemble des groupes sociaux alors qu’eux-mêmes sont, ou étaient, issus de la bourgeoisie. Nous devons montrer aux individus qu’ils sont liés les uns aux autres par une solidarité et donner à chacun envie de participer au pacte social et politique commun.