Education, recherche, culture Samedi 28 Août 2010 à 18:35
Les socialistes, la science et le progrès

«Science sans conscience, n’est que ruine de l’âme», tel fut le leitmotiv de la conférence de cet après-midi.
« La science est le lieu de la confrontation des passions humaines ». Pourtant, le futur inquiète. La puissance des outils techniques nous dépasse désormais et fait peser le risque de l’anéantissement de l’homme à travers leur utilisation non maîtrisé. Face aux défis relevés par la science, nous devons nous interroger sur les articulations possibles entre les méthodes et les savoirs et sur la place de l'éthique dans les choix des politiques scientifiques.
Plusieurs interrogations sont nées de la remise en question du progrès par l’évolution des sciences. Différents secteurs sont particulièrement concernés : le nucléaire, la biologie, le clonage, l’aide à la procréation, les cellules souches, les OGM, etc. Pour tous ces domaines un contraste frappant existe entre le progrès des sciences et la stagnation des consciences, sur le plan de l’éthique individuelle et de la morale collective. «L’homme de plus en plus savant, n’est pas obligatoirement de plus en plus sage».
Dans ce contexte l’enjeu politique est d’adapter à notre cadre juridique ces avancées techniques, avec la mise en place d’un cadre éthique. Toutes les techniques peuvent être utiles à la société à condition que la société les utilise pour répondre aux défis sociaux et humains.
Le drame de la modernité n’est pas tant dans la technique que dans son utilisation par la société. Il faut réinsuffler du sens pour la mettre au service de l’humain. Actuellement la recherche est trop dépendante des initiatives des détenteurs du capital guidés par la poursuite de la rentabilité immédiate. Nous avons l’obligation de réfléchir à des modes de financements originaux qui ne répondent pas seulement à des logiques de profits, tout en gardant à l’esprit les besoins financiers considérables.
Il est nécessaire, de définir un nouveau rapport à la technologie, concevoir des innovations technologiques et scientifiques au service de la créativité et de l’émancipation de tous les citoyens. Articuler la pensée scientifique à la pensée politique « Que puis-je savoir, que puis-je faire, que puis-je espérer ?»
Un effort doit être fait pour démocratiser le rapport au progrès. Tant que les innovations technologiques ne profitent qu’à une minorité, le « progrès technique » reste dissocié du progrès social et renforce les inégalités. La technologie doit être un outil au service de la justice sociale et donc bénéficier à chacun.
Si les progrès scientifiques vont à une vitesse parfois effrayante, l’enjeu n’est pas de les limiter mais de les anticiper sur le plan de la prise de conscience. Face aux dangers qui nous menacent, il devient désormais indispensable de se doter des institutions capables de donner un sens et d’organiser la recherche autour de grands principes éthiques.
Le progrès correspond au développement d’un idéal d’équité et de prospérité. Loin de constituer une barrière au développement de l’innovation, enraciner la science dans une base morale solide permettra de réinsuffler du dynamisme dans la recherche, préalable indispensable pour renouer avec une confiance dans le progrès.
