Connectez-vous

Identifiez-vous :

Avec votre compte
Parti-socialiste.fr

Saisissez votre adresse de courriel
Saisissez votre mot de passe

Avec votre compte
Facebook ou Coopol

Coopol connect
Parti socialiste

Vendredi 30 Avril 2010 à 0:52

Les villes : un enjeu global pour la société de demain

Télécharger la note "Les villes : un enjeu global pour la société de demain"

Les villes : un enjeu global pour la société de demain

Au cœur d’une Europe de citadins et face à l’urgence des défis écologiques, la ville est la clef de voûte de nos façons de vivre ensemble au quotidien. Nos sociétés sont désormais urbaines et les questions posées par la « ville » dépassent les questions techniques et les quartiers sensibles auxquels la « politique de la ville » est souvent réduite.

Repenser les villes comme un tout et dans un tout, repenser le territoire urbain comme un lieu de réinvention et de changement politique, économique, social et écologique, c'est l'ambition que s'est fixée le groupe de travail du Lab qui présente son rapport d'étape, préalable à la préparation du forum des idées sur la ville du 21ème siècle programmé à l'automne 2010.

---------

Les Français vivent aujourd’hui un paradoxe : le pays n’a jamais autant regorgé de potentialités et pourtant chacun se heurte dans sa vie quotidienne à d’innombrables barrières. Des murs sont dressés entre les citoyens, entre les habitants et leurs envies. Ils se traduisent concrètement dans les maisons, les rues, les supermarchés ou les centres de loisirs : alors qu’elles devraient être un lieu de ressources où dynamiser sa vie, nos villes sont devenues des endroits qui ont accru les difficultés de vie et les inégalités.

Au cœur d’une Europe de citadins et face à l’urgence des défis écologiques, la ville est la clef de voûte de nos façons de vivre ensemble au quotidien. Nos sociétés sont désormais urbaines et les questions posées par la « ville » dépassent les questions techniques et les quartiers sensibles auxquels est souvent réduite la « politique de la ville » : exclusions, changement climatique, développement économique et accès à l’emploi, mobilités, cadre de vie, relations au monde rural... voilà les enjeux des questions urbaines.

Nos villes ont changé : extension des agglomérations, éparpillement des pavillons transformant les villages autrefois ruraux, développement de zones industrielles et commerciales standardisées le long d’axes urbains devenus des autoroutes, ségrégation sociale et quartiers populaires devenus des ghettos ethniques... Les questions posées par ces transformations interpellent la société dans son ensemble. Les modalités du vivre ensemble sont changées, la mixité ne peut plus être abordée comme à la fin du vingtième siècle, l’égalité ne peut se penser en dehors du contexte local, la relation entre ville et nature doit être revisitée.

On ne saura répondre aux questions de société que pose cette transformation qu'à la condition de repenser les villes comme un tout et dans un tout. D'une part, le contexte urbain transforme les enjeux de société. Les interdépendances sont nombreuses entre les différentes questions urbaines. Une simple adresse peut rendre l'embauche plus difficile, la qualité d'une école a des conséquences sur le prix des logements, le statut de propriétaire ou locataire influence la mobilité, etc. D'autre part, les villes sont le réceptacle de problèmes sociaux qui les dépassent. Si l’on persiste à nier la diversité de la société française, tant que l'on n'aura pas pleinement intégré les descendants des vagues d'immigration successives dans la société française, il sera illusoire d'imaginer pouvoir intégrer les quartiers défavorisés dans les villes.

À l’heure de la globalisation et de la massification du fait urbain, on ne peut faire l’économie d’une ambitieuse réflexion. Nos villes sont le reflet d'un modèle politique dominant qui tend à exclure, séparer, différencier et spécialiser les personnes comme les lieux. Elles sont en crise. Face cette crise systémique, les territoires urbains doivent être un lieu de réinvention et de changement politique, économique, social et écologique.

 

(Re)faire de la ville un enjeu politique

 

Au XIXème siècle, la ville industrielle a nourri la pensée socialiste naissante en réponse aux conditions de vie et de travail des populations ouvrières. Dispensaires, logements sociaux, transports publics, salles communes... un ensemble d'équipements publics a vu le jour fruit d'un pragmatisme local porté par une vision urbaine nourrie d'utopie sociale. La ville a grandement disparu des discours au XXème siècle en tant que question politique alors même que la population devenait presque totalement urbaine. Elle a disparu, englobée dans les enjeux économiques et sociaux nationaux. Et si elle reparaît à partir des années 1970 au cœur des « Trente Glorieuses », c'est essentiellement en matière de grands défis d’aménagement (villes nouvelles, grands ensembles, autoroutes urbaines, etc.) ou comme théâtre des premières vagues « d’émeutes urbaines » contemporaines. La réponse à ces challenges a été technique, des schémas territoriaux à la création de la « politique de la ville », quand elle n'a pas été uniquement locale : les maires de banlieue étant aux premières loges pour inventer des solutions pragmatiques, une doctrine née de l'action s'est forgée sans pour autant trouver d'échos ni de relais au-delà des « problèmes des quartiers ».

 

Ces défis sont les échos des dysfonctionnements les plus symboliques et les plus profonds de notre monde. La progression des inégalités aux échelles les plus fines (communes, quartiers, etc), la dépendance aux énergies fossiles (automobiles, chauffage, etc) et la consommation des terres agricoles, la difficulté à permettre l'épanouissement de projets économiques, ou encore la montée des extrémismes politiques et religieux soulignent la défaillance de notre système à construire des villes durables tant d'un point de vue écologique, que social, économique ou démocratique. A l’image de notre modèle plus global de développement, notre modèle urbain fait aujourd’hui face à une série de crises structurelles interdépendantes. Dans le contexte d’une évolution rapide des systèmes de protection locale, le territoire peut-il servir à l’affirmation d’un modèle mutualiste à base locale ? La différenciation territoriale que cela implique est-elle acceptable au regard des principes d’égalité ?

 

Aujourd’hui, l'urgence de l’alerte écologique nous oblige à nous préoccuper de la façon dont nos sociétés s'ancrent dans leurs territoires : comment s'organisent et se matérialisent les rapports sociaux dans les villes, grandes ou petites ? Comment s'opère la gestion du capital dans et entre les différents quartiers de nos villes et les campagnes qui les entourent ? Les idées pour penser et transformer nos villes et nos territoires sont intimement liées à notre inventivité politique. Forger une conviction et un discours sur la situation de nos villes, c'est aussi enraciner dans nos territoires un nouveau modèle de société. Quelles conceptions d’une « urbanité durable et républicaine » pouvons-nous porter face aux défis majeurs que représentent les différentes crises socio-économique, démocratique et écologique de ce début de XXIème siècle ?

 

Lire la suite de la note