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Comptes-rendus de l'université d'été 2012

Comptes-rendus de l'université d'été 2012

Europe et international Samedi 25 Août 2012 à 13:15

L'Europe en 2012 : un instrument au service des peuples ?

 

Sous la présidence de Catherine Trautmann, Présidente de la délégation socialiste française (DSF) au Parlement européen, l'ensemble des intervenants propose un diagnostic et une thérapeutique pour la crise que traverse l'Europe et la méfiance des peuples à son égard. Sujet d'autant plus d'actualité que la rentrée politique européenne sera dense avec les rendez-vous du pacte budgétaire, le congrès du PSE, ou encore les mesures sur la réforme fiscale. En outre, nous entrons dans la séquence 2014-2020, avec notamment l'enjeu du financement de la politique de cohésion et la réforme de la PAC.

 

Pour Catherine Trautmann, si les Français s’inquiètent pour eux en voyant la situation des Grecs, c’est la preuve de l’existence d’un sentiment européen au moment où la dépossession de l’avenir nourrit la tentation du repli national et du vote conservateur voire populiste. Cet égoïsme national a été aggravé par feu le couple « Merkozy ». L'enjeu est simple : l’Europe doit cesser d’être une contrainte pour devenir un instrument au service des peuples, mais pour cela il faut du temps pour construire un rapport de force favorable au lieu de se précipiter et utiliser la force brutale.

 

L'intellectuel Guillaume Klossa rappelle que l’Europe a été un processus très rapide au regard de l’Histoire et le reste encore aujourd’hui, pour la Croatie par exemple, qui va bientôt adhérer, l’Europe est synonyme de paix, de stabilité et de sécurité. La situation actuelle est le plus grand bouleversement mondial depuis 1492 notamment au plan géopolitique, technologique, climatique et démographique. Tel est le cadre d'une crise européenne dont l'impact est d'autant plus grand que les perspectives de croissance sont faibles.

 

La Commission et le Conseil doivent apporter des réponses aux angoisses des peuples qui ont droit à la sécurité financière. Ces deux institutions ne doivent pas ignorer la division des citoyens européens.  Les pays les plus sécurisés sont les plus innovants ; ce ne sont pas les plus solidaires. C'est pourquoi la France doit réfléchir à une proposition sur le fédéralisme et une intégration politique.

 

Ernst Hilldebrand de la FEPS insiste sur le besoin de renforcer l'aide à l’Europe de l’Est car les systèmes politiques y sont moins stables sur le plan démocratique. Ils sont peu intéressés par notre vision sur l’approfondissement de l’Europe car leur compétitivité repose sur les bas salaires. Ces pays ont besoin de temps.

 

La députée Labour Emma Reynolds a indiqué que son parti récuse les positions de Cameron sur l’Europe. Ed Miliband veut sortir la Grande-Bretagne de son isolement sans précédent par un rapprochement sans ambiguité avec l'Europe. Elle rappelle que les institutions européennes réussissent cependant mieux que les institutions mondiales notamment sur commerce ou le changement climatique et il est regrettable que la droite refuse d’admettre que c’est la déréglementation des marchés qui a provoqué la crise et qu'elle y réponde par l’austérité pour les plus pauvres. La crise économique a entraîné une crise politique mais la victoire du PS français a rempli d’espoir et changé la dynamique de l’Europe.

 

Harlem Désir rebondit en indiquant que les élections françaises ont montré que la politique pouvait et devait répondre à la finance. Les conservateurs menacent aujourd’hui le projet européen. Il faut lutter contre toutes les formes de confiscation démocratique. Nous sommes confrontés aux lacunes du traité de Maastricht. Il faut un fonds de secours, renforcer la BCE, mais surtout construire une intégration solidaire et démocratique.

 

Le fédéralisme ne doit pas être confisqué. Il faut au contraire un fédéralisme démocratique construit par des prises de décisions d'organes élus. Cela passe par le renforcement du parlement européen, enjeu majeur de 2014 où on aura besoin d'une victoire de la gauche sur un programme de résistance et, puisque nous avons un président SPD au Parlement européen, il faudra gagner la campagne de 2014 pour avoir un président socialiste de la commission au côté des socialistes au pouvoir. Martine Schulz peut incarner cela.

 

Barbara Romagnan souligne que ces convictions sont confrontées aux doutes et aux craintes et que pour redresser l'Europe les investissements ne peuvent être comptabilisés dans la dette, sinon, on ratera la transition écologique et d’autres mesures structurelles de progrès.

 

Bernard Cazeneuve assure aborder avec jubilation le débat européen car il faut relever le défi européen dont tout découle. Il n’y a pas un socialiste qui soit d’accord avec le traité tel qu'il est et nous proposerons un projet de réorientation de l’Europe. Celle-ci se construit dans la confrontation avec ceux qui sont au pouvoir et ne pensent pas comme nous. Dans ce combat, il ne faut pas affaiblir le président de la République, mais aider au renforcement du MES, de la BCE ou du FESF pour avoir des outils efficaces pour la solidarité. On a besoin pour cela de plus de démocratie. La souveraineté ne s’abandonne pas, elle se partage. Ce que nous faisons est loin de ce que nous voulons faire, mais si nous voulons faire ce que nous devons, il faut plus de solidarité,

 

Martin Schulz, président S&D-SPD du Parlement européen estime qu'Angela Merkel est dans la tenaille entre un gouvernement socialiste en France et une opposition socialiste en Allemagne. Elle a été obligée de céder sur la Taxe sur les transactions financières et les outils de solidarité. "Je suis pour une Allemagne européenne et pas pour une Europe germanique" a-t-il déclaré. Il a aussi rappelé que contrairement à la chancelière conservatrice allemande pour qui « la démocratie doit être conforme aux marchés », les marchés doivent être contrôlés par la démocratie.

Il a identifié quatre défis pour le XXIe siècle :

  • De nouvelles relations de l’Europe avec le monde ;
  • Un rapport de force sur le climat face aux USA et la Chine ;
  • Une lutte acharnée contre la spéculation notamment sur les matières premières, les relations monétaires et les paradis fiscaux ;
  • L'enjeu des migrations

L’Europe continent riche doit investir ailleurs qu’en Europe au nom de la solidarité.