Libertés, médias, justice et sécurité Vendredi 27 Août 2010 à 22:05
Libertés et sûreté dans un monde dangereux
Au-delà des événements qui ont marqué l’été, cet atelier affirmait la volonté du Parti Socialiste de travailler sur le couple éternel libertés / sécurité. Est-il concevable de renier l’espace des libertés au nom de la sécurité ? Pour Marie-Pierre de la Gontrie, ce qui s’est passé cet été s’inscrit dans une idéologie, de pénalisation de la précarité, de mise en place d’une société de surveillance, d’étouffement des contre-pouvoirs.
Jean-Jacques Urvoas a souligné la nécessité d’une approche politique de la question de sécurité et la complexité de la réponse. Il faut faire des réponses précises, il n’y aura aucune faiblesse, mais il faut assumer qu’il faudra du temps pour améliorer les choses, tant la situation est dégradée. La politique de la sécurité doit reposer sur 4 axiomes : englober la sécurité dans un projet global de société, remettre l’accent sur la sécurité publique, territorialiser les forces, s’occuper de la justice.
Jean-Paul Jean a évoqué les politiques d’autres pays européens menacés par le populisme pénal. Des études existent sur l’efficacité des systèmes étrangers, sur lesquelles il faut s’appuyer. Il faut réhabiliter l’action du Parti Socialiste en matière de sécurité, d’accès au droit, de justice.
Marie-Blanche Regnier a rappelé le recul important des libertés publiques depuis 2002 et souligné la cohérence idéologique de ces mesures. La droite instaure une société de contrôle : généralisation du fichage, peines planchers, rétention de sureté… Marie-Pierre de la Gontrie a confirmé la volonté du PS de revenir sur la rétention de sureté, et sur les peines planchers.
Henri Martini a évoqué la situation des policiers, entre le marteau et l’enclume. La baisse des effectifs, associée à la politique du chiffre pèse sur les policiers. On assiste à une désertion des quartiers, des petites circonscriptions dans lesquelles les commissariats sont fermés. Un maillage efficient est nécessaire.
Jean-Vincent Placé a fait part de l’intérêt des Verts pour cette question et la volonté d’aller vers des propositions communes. Une politique de sécurité doit être fondée sur la prévention, la dissuasion, la sanction. Pour lui, la décentralisation doit aller plus loin, y compris vers un transfert de compétence
Joaquin Masanet souligne le fossé qui s’est créé entre la police et les citoyens. La police n’intervient dans les quartiers que pour interpeller. Il y a nécessité d’un rapprochement maire / police / justice. Parmi les interventions, nombreuses et enrichissantes : Manuel Valls a insisté sur l’absence de désaccords majeurs autour de cette question au sein des socialistes et a rappelé le refus du consensus avec la droite, la nécessité d’une police de proximité, plus spécialisée, et la décentralisation.
Adeline Hazan a rappelé qu’on pouvait garder ses valeurs en étant un élu confronté aux difficultés du terrain.
