Europe et international Mardi 15 Janvier 2013 à 12:19
Manuel Valls : «nous sommes vigilants et mobilisés pour faire face à la menace»
Le ministre de l'Intérieur était ce 15 janvier au micro de BFMTV pour répondre notamment du renforcement du plan Vigipirate de protection des lieux publics et des infrastructures de transports en France.
Être vigilant et discret pour protéger les Français
Suite à l'intervention militaire française au Mali, la menace est présente sur notre territoire. «Les forces de sécurité sont mobilisées», a déclaré Manuel Valls, ajoutant que «nos services de renseignement intérieur et extérieur sont particulièrement vigilants.»
Le ministre a également rappelé que la loi anti-terroriste adopté au parlement en décembre dernier, permettra la poursuite de tout apprenti jihadiste français parti se former à l’étranger, même s’il n’a commis aucun acte répréhensible dans l’Hexagone et même s’il n’a pas grandi sur le territoire, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, punie de dix ans de prison et de 225 000 euros d’amende.
A titre d'exemple, sur la zone Paris, 700 militaires sont déployés pour intensifier les contrôles sur les aéroports et sur les gares.
Le ministre a déclaré qu'aucune arrestation n'avait eu lieu ces dernières semaines, rappelant aux Français sa mobilisation pleine et entière:
C'est la plus grande vigilance qui doit permettre d'empêcher que des actes soient commis sur notre territoire.
Pour preuve, le démantèlement en septembre à Sarcelles d'une cellule sur le point de passer à l'acte sur le sol français.
La vigilance du ministère de l'Intérieur s'exerce «à la fois sur internet et particulièrement sur la blogosphère». Les individus qui voudraient se rendre ou reviendraient de Syrie, d'Afghanistan et de la région du Sahel sont surveillés.
Engagement de l'armée et respect de la Constitution
Concernant l'engagement de l'armée au Mali a proprement parlé, Manuel Valls a expliqué que la volonté du gouvernement était un respect scrupuleux de la démocratie et de la Constitution.
Hier le Premier ministre, le ministre de la Défense et le ministre de l'Intérieur ont reçu les représentants des groupes parlementaires de l’Assemblée et du Sénat. Cet après-midi, Jean-Marc Ayrault et Jean-Yves Le Drian répondront aux questions des parlementaires. Demain 16 janvier, le gouvernement fera une déclaration à l'Assemblée et au Sénat: Le Premier ministre à l’Assemblée nationale et Laurent Fabius au Sénat afin de permettre un débat.
Par ailleurs, M. Valls l'a rappelé: l’article 35 de la constitution prévoit l'obligation d'un vote du Parlement dans l'éventualité où les opérations au Mali perdurent dans 4 mois.
Les objectifs poursuivis par la France au Mali
Le ministre a expliqué qu'ils étaient au nombre de trois :
- Empêcher que l'État malien bascule dans les mains de ces terroristes (6000 Français résident au Mali et plus particulièrement à Bamako) ;
- Permettre au Mali de retrouver sa souveraineté grâce à l'intervention de la France auprès du conseil de sécurité de l'ONU qui devrait prendre des résolutions ;
- Favoriser le déploiement d'une force d'interposition africaine dans les semaines à venir.
Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur a rappelé les motivations de la France claires et soutenues à l'étranger:
Le Mali est en proie à de très grandes difficultés mais le laisser dans les mains des terroristes, à quatre heures ou à cinq heures d’avion de Paris, voir se constituer au cœur de l’Afrique de l’Ouest, au cœur du Sahel, un État terroriste cela était impossible. La communauté internationale, mais aussi les pays africains, ne le veulent pas et soutiennent aujourd'hui l’action de la France.
L'autorité légitime, le président du Mali, a lancé un appel au secours à la France. Dans le cadre de l'article 51 de la charte des Nations Unies, la France a répondu à cet appel, «c'est le choix et la volonté du président de la République» a-t-il souligné.
Et de conclure :
Il fallait répondre à cet appel. La lutte contre le terrorisme, l’ennemi qu’il représente à la fois pour nos valeurs, pour notre démocratie, pour la stabilité du monde, nous amenait à répondre. On ne peut pas lutter contre le terrorisme en cédant au terrorisme. On ne peut pas lutter à cette menace extérieure et intérieure en laissant faire et nous ne pouvions pas laisser faire ces groupes terroristes et criminels.
