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Ville et logement Mardi 18 Mai 2010 à 13:02

Marianne Louis: La politique de la ville est «marginalisée» dans le gouvernement

Cette semaine dans l'actualité des secrétaires nationaux, Marianne Louis, secrétaire nationale à la politique de la ville, fait le point sur les dossiers en cours : Report de la réforme de la géographie prioritaire, l’échec total du Plan espoir banlieues de Fadela Amara, la panne du financement du renouvellement urbain.

Près de 8 millions de personnes vivent dans un quartier éligible à  la politique de la ville. Concrètement, outre les difficultés sociales qu'elles connaissent de plus en plus durement, elles sont également victimes d'une discrimination territoriale évidente: accès aux soins, réussite scolaire, équipements sportifs et culturels, transports, cadre de vie et tranquillité publique... Au lendemain des émeutes de 2005, la droite s’était prétendument engagée en faveur d’une mobilisation générale pour les quartiers. Mais trois ans après le lancement en grandes pompes à l'Elysée du Plan espoir banlieues, les indicateurs sont au rouge, l'échec est au rendez-vous.

Pire, en refusant de s'attaquer vraiment aux logiques de ségrégation territoriale notamment par la production de vrais logements sociaux dans toutes les communes qui ne respectent pas leurs obligations et en réduisant la présence et les moyens du service public garant du lien social, l'action  gouvernementale accentue la discrimination territoriale. Les derniers rapports de l'observatoire national des ZUS et du comite d'évaluation et de suivi de l'ANRU sont alarmants.
Après les tumultes médiatiques des petites phrases et des visites éclaires en banlieue, le silence du gouvernement sur la réforme de la géographie prioritaire, c’est-à-dire la définition des quartiers éligibles à la Politique de la Ville et les moyens qui en résultent, est assourdissant.
Marianne Louis et Gisèle Stievenard (chargée de la politique de la ville à la FNESR) ont, avec Jean-Alain Steinfeld et Dylan Boutiflat, délégués nationaux, rencontré les associations d’élus, de professionnels, les réseaux d’éducation populaire et d’animation.
Sous l’impulsion de Marianne Louis, le secrétariat national à la politique de la ville continue un travail de fond pour proposer un nouveau souffle à la solidarité urbaine fondé sur :
- Une réelle volonté de réduction à terme des ségrégations territoriales par l’application impérative de la loi SRU ;
- Un engagement budgétaire largement au-delà des 3,5% actuels, pour redonner aux crédits de la politique de la ville un effet de levier et de mobilisation des acteurs locaux ;
- Le respect d’une démarche contractuelle engageant à la fois des moyens spécifiques de la politique de la ville et des moyens de droit commun en matière d’éducation, d’emploi, de transport, de sécurité, de santé...
Du naufrage du « busing » à l’échec des contrats d’autonomie, le Plan Espoir Banlieues est incapable d’émerger faute de moyens et de mobilisation et surtout de partenariat solide et durable entre les collectivités locales, les réseaux associatifs, et les représentants de l'État.
Dans le champ de la rénovation urbaine, tandis que la droite laisse mourir l’ANRU à petit feu, le Parti socialiste demande une réelle mobilisation de l’Etat pour donner un second souffle à l’ANRU par :
  • - Le déploiement des crédits suffisants pour assurer le financement des programmes ;  
  • - La définition d’outils spécifiques de pilotage du peuplement pour lutter contre l’effet de «ghettoïsation» et l’assignation à résidence des familles aux situations sociales les plus fragiles dans les ZUS ; 
  • - La garantie de la reconstitution de l’offre « un pour un » à l’échelle des territoires de vie ; 
  • -  Le développement d’un « désenclavement-transports » dans les Programmes de Rénovation Urbaine (PRU). 
Parce qu’elle exprime la solidarité nationale dans les quartiers qui font l’objet d’exclusion, le Parti socialiste est très attaché à la Politique de la Ville. Elle a montré dans certaines périodes son efficacité. C’est pourquoi, nous n'acceptons pas qu’elle soit relayée à une part infime du budget de l’Etat et surtout qu’elle soit marginalisée dans la politique et les engagements gouvernementaux.  L’égalité républicaine est en jeu.