Santé, solidarité et personnes âgées Jeudi 11 Octobre 2012 à 12:28
Marisol Touraine: «une médecine accessible pour les français»
Marisol Touraine était l'invitée de France Inter ce jeudi ; l'occasion pour la ministre des Affaires sociales et de la Santé de revenir sur le jugement du procès dit des "tournantes", le prélèvement sur les retraites imposables, le financement de la protection sociale, les dépassements d'honoraires et l'hôpital.
Viols collectifs de Fontenay-sous-Bois: le malaise
La ministre est en premier lieu revenue sur le jugement de l'affaire de viols collectifs du Val-de-Marne rendu hier. Si Marisol Touraine a rappelé que s'agissant d'une affaire de Justice, il ne lui appartenait pas de la commenter, l'affaire la laisse dans "beaucoup de malaises évidemment" et de poursuivre:
Il faut rappeler que les viols sont insupportables, que des femmes n’osent pas aller porter plainte parce qu’elles redoutent la procédure judiciaire. Evidemment cette affaire ne va pas les encourager, ne va pas encourager les victimes à se déclarer.
Prélèvement de 0,15% sur les retraites: seules les retraites imposables concernées
S'agissant du prélèvement de 0,15 % sur les retraites imposables prévu pour financer la sécurité sociale, Marisol Touraine explique:
L’ensemble des assurés sociaux, vont apporter une contribution pour permettre en même temps d’ouvrir de nouveaux droits, et les nouveaux droits, là, en l’occurrence, ça va être la mise en place, d’une réforme qu’on appelle de la dépendance, c'est-à-dire accompagner les personnes qui progressivement perdent leur autonomie.
La ministre donne des exemples en termes de coût pour les retraités imposables:
Ça va représenter moins de 2 euros pour une retraite de 1200 euros, 3 euros pour une retraite de 1800 euros. C’est un effort mesuré et un effort de solidarité.
Interrogée sur une hausse de la CSG en 2014 pour financer la dépendance des personnes âgées, la ministre est claire:
Nous n’avons pas de perspective sur une hausse de telle ou telle cotisation pour 2014.
Dépassements d'honoraires: privilégier l'accès aux soins face à l'outrance
La ministre des Affaires sociales et de la Santé est également revenue sur la grogne de certains médecins concernant les dépassements d'honoraires. Là encore Marisol Touraine dénonce les dérives de ces dernières années en cette matière et affirme qu'elle ne cédera pas:
J'appelle à ce qu’on ne mélange pas, les professionnels qui sont, je crois, majoritaires, et qui souhaitent s’engager d’une manière qui ne pénalise pas leurs clients, et puis les autres qui revendiquent l’outrance. Je crois que l’outrance ne peut pas être entendue.
Et d'expliquer son projet, mettant la priorité sur l'accès aux soins:
Ce que je souhaite, c’est que d’un côté soit sanctionné et donc définies des sanctions fortes, dissuasives, vis-à-vis des dépassements abusifs. Et d’un autre côté, que les médecins s’engagent dans un contrat avec l’Assurance maladie, qu’ils s’engagent à limiter leur dépassement, qu’ils s’engagent à recevoir davantage de patients sans dépassement et que nous arrivions dans cette perspective-là à valoriser une médecine qui est une médecine qui pratique des tarifs qui sont accessibles pour les Français.
Marisol Touraine s'oppose également à une revalorisation des tarifs remboursables, en admettant toutefois la possibilité d'un effort de l'Assurance Maladie pour mieux prendre en charge certains actes. A la condition toutefois d'un engagement fort des médecins. En effet, la ministre n'acceptera pas "un accord qui serait un accord au rabais" et explique sa priorité:
Ce n’est pas un enjeu de coût pour la Sécurité sociale, qui a motivé l’engagement de la négociation. C’est la volonté de garantir que les Français ne seront pas interdits de consultation pour des raisons financières.
Financement de l'hôpital: sortir de l'alignement sur le privé
Enfin la ministre est revenue sur la prochaine loi de financement de l'hôpital. Celle-ci abrogera plusieurs principes de la loi HSPT* mise en place par le gouvernement précédent, au nombre desquels le financement exclusif à l'acte, qui imposait un financement des hôpitaux publics identique à celui des cliniques privées, supprimant "l’idée même de service public hospitalier". Marisol Touraine conclut:
Il faut remettre un peu de déontologie dans les pratiques, dans le service privé, dans le secteur privé à l’hôpital. J’ai nommé une mission qui va définir avec le service public hospitalier, les conditions dans lesquelles, l’exercice libéral est acceptable à l’hôpital public.
