Economie, entreprise, industrie Mercredi 19 Décembre 2012 à 11:36
Marylise Lebranchu: «toutes les politiques publiques vont être évaluées»
Invitée d'Europe 1, la ministre de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, s'est exprimée sur la méthode adoptée pour l'évaluation des politiques publiques et ses enjeux.
Evaluation des politiques publiques: économiser 40 milliards sur 4 ans
Marylise Lebranchu est revenue en premier lieu sur l'annonce la veille par Jean-Marc Ayrault de l'évaluation de quarante politiques publiques pour améliorer leur rendement: l'objectif du gouvernement est d'économiser 1% de la dépense publique, soit quarante milliards en quatre ans. Pour ce faire, la ministre a souligné l'importance d'y associer les fonctionnaires et d'évaluer la "bonne" dépense publique, qui génère "solidarité et compétitivité".
Contre une réforme "arithmétique"
Interrogée sur la mise en œuvre de ces évaluations, Marylise Lebranchu a réaffirmé la nécessité d'aller au bout de la réforme et expliqué refuser une méthode "arithmétique":
La RGPP n'a pas fonctionné parce que ça a abouti à une prise de position arithmétique. Là, on veut aller au fond des choses: la bonne action publique, c'est celle qui rend service à la population et à des entrepreneurs, [...] celle qui crée du redressement productif, donc il faut qu'on la garde. En revanche, tout gaspillage, il faut l'éliminer.
La ministre a annoncé par ailleurs la suppression de certaines des 600 commissions consultatives "qui coûtent très cher".
Des aides publiques aux entreprises revues pour plus d'efficacité
Marylise Lebranchu a notamment détaillé la réforme des aides publiques aux entreprises, réfûtant l'idée de les "raboter" :
Sur les 85 milliards, quelles sont les aides qui sont efficaces, qu'elles soient distribuées par l'Etat ou par les régions ? Donc on les analyse et après il faut prendre des décisions. [...] L'idée ce n'est pas de faire des économies à tout prix, c'est une action publique efficace à tout prix.
Pour la ministre, cette réforme doit améliorer la compétitivité et préciser que les secteurs d'innovation et d'exportation seront donc "encore plus aidés que les autres".
Les priorités de financement: l'Ecole, la sécurisation des parcours professionnels et les hôpitaux
Interrogée sur ses priorités de financement, Marylise Lebranchu a mis en avant l'Ecole, mais aussi la formation professionnelle, la sécurisation des parcours professionnels ou encore les hôpitaux à propos desquels elle a déclaré:
Aujourd'hui, les hôpitaux souffrent. Donc je ne pense pas que ça soit là où l'on fera les meilleures économies. En revanche il faut qu'on soit plus efficaces sur l'accueil des patients. Et en même temps, si on fait des économies sur certains hôpitaux, c'est possible, ou sur certaines cliniques, il faut aussi s'occuper de la médecine de proximité parce que c'est parce que la médecine de proximité ne fonctionne pas que les hôpitaux sont engorgés.
Enfin, la ministre a conclu en réaffirmant sa volonté de mener à bien la réforme de la décentralisation:
Il faut qu'on réforme le tout pour arriver à une meilleure lisibilité pour les citoyens et une meilleure efficacité. [...] Tout cela se fera et se fera en bonne intelligence.
