Vendredi 26 Août 2011 à 20:22
Nouvelles valeurs, nouveaux clivages


La salle était trop petite pour héberger l'ensemble des participants venus écouter Laurent Bouvet, François Kalfon, Gilles Finchelstein et Pascal Cherki, sur une problématique souvent sujette à controverse : le rapport qu'entretient la gauche aux questions économiques et sociales, que certains opposent parfois aux questions "sociétales" et qui intéresseraient majoritairement un électorat, urbain, jeune et diplômé.
François Kalfon l'a brièvement rappelé en introduction : A qui doit s'adresser la gauche ? Comment reconquérir un électorat populaire, victime du déclassement social et tenté par les partis extrémistes, un salariat précarisé en perte de repères ?
Evidemment, le rapport publié par Terra Nova en mai 2011 appelant à une nouvelle stratégie électorale pour la gauche était en toile de fonds des discussions. Laurent Bouvet est très clair "Si la gauche ne reconquiert pas l'électorat populaire, ne retrouve pas le sens du peuple, elle aura de grands soucis". Les autres intervenants et la salle approuvent : La gauche ne doit surtout pas se couper du salariat, des oubliés de la mondialisation. Mais elle doit aussi retrouver la marche du progrès, des combats collectifs. Elle doit préciser les modalités de la dépense publique, instrument de la réduction des inégalités.

Pour Pascal Cherki, un livre de Jacques Sapir à la main ("La Démondialisation"), "Il ne faut surtout pas reculer sur les questions sociales, ne pas se laisser déporter sur des questions périphériques". Pour cet adepte d'une gauche de transformation, qui s'appuie sur ses fondamentaux, "la vrai question pour la gauche, c'est la bataille pour le plein emploi, le partage des richesses, l'école publique, l'ascenseur social."
Les questions des participants ont été nombreuses et les réponses précises, le champ était large : limites de la démocratie représentatives, place des seniors, recomposition de l'électorat ouvrier, rapport du peuple de gauche à l'Etat et ses élites...

Jacques (93) "La gauche doit absolument s'occuper des employés des entreprises de services"
Pour être écouté, le Parti socialiste doit réflèchir aux nouvelles manières de s'adresser à son électorat : "Soyez populiste !" lance Laurent Bouvet comme un cri du coeur. Gilles Finchelstein l'a rappelé en conclusion, "le choix des mots utilisés sera déterminant lors de la campagne". D'une phrase, François Kalfon a fait la synthèse de l'atelier en un mot final : "Elargissons le champ de nos luttes pour l'émancipation."
*Les études citées par Gilles Finchelstein sont disponibles sur le site de la Fondation Jean Jaurès : http://www.jean-jaures.org/
