Europe et international Vendredi 27 Août 2010 à 22:06
Où va l'Europe, que peut l'Europe?
La salle « Baleine » de l’espace Encan a accueilli en fin d’après-midi de nombreux militants soucieux d’imaginer et de débattre sur l’avenir de l’Union européenne. Henri Weber, dans un propos introductif, a souhaité dresser les trois scénarios possibles qu’il imagine pour l’avenir de l’UE. Le scénario noir, celui de la cessation de paiement de certains Etats de l’Union et de l’implosion de l’euro. Le scénario rose, celui où les « euro-optimistes » réussiraient à se fonder sur les récentes réussites de l’Union (création du fonds de stabilité monétaire, Plan Climat 2020,..) pour relancer plus en avant l’intégration européenne. Enfin, le scénario gris. Le fonds de stabilité financière ne se transformant pas en fonds monétaire européen et la création d’un gouvernement économique affirmant une unique fonction de police par rapport au pacte de stabilité et de croissance.
Pour Stephan Collignon, la question fondamentale est celle de la souveraineté, qui appartient au peuple. Les citoyens peuvent en ce sens déléguer la gestion de leurs biens communs, en nommant notamment un gouvernement économique. Revenant sur la notion de fédéralisme, il s’est prononcé en faveur d’une « République européenne », le système fédéral mettant en avant la communauté, la République, les biens communs. Stéphane Le Foll a poursuivi en estimant que les Etats et chefs d'Etats n'avaient plus de projet pour l'Europe et qu’il appartenait au parlement européen de jouer un rôle de représentation de l’intérêt général. Un projet mobilisateur serait celui des ressources propres et donc de l'impôt européen.
Pervenche Berès a estimé que l’Europe devait compter sur ses propres forces, notamment l’euro et le marché commun. Pour cela nul besoin d’attendre l'autorisation du G20 (notamment pour réguler la finance). Elle a également formulé la proposition d’une taxation des transactions financières qui permettrait de distinguer ceux qui veulent investir à long terme dans l’UE de ceux qui spéculent. Philip Cordery, lui, pense que la crise a révélé que la droite, conservatrice et frileuse, ne considérait pas l'Europe comme un moyen de sortir de la crise. La crise a révélé également que l’Europe était une juxtaposition de politiques. Il faut donc réfléchir à un projet, développer de véritables politiques macroéconomiques et enfin politiser l'Europe notamment en approfondissant le clivage droite-gauche.
Il y a eu un véritable échange avec la salle avec de nombreuses réactions, notamment celle de Charles, un étudiant qui se demande comment concilier les différentes visions de l'UE parfois incompatibles. Celle d’Hélène également qui estime que l'Europe ne doit pas accepter que n’importe quel produit entre dans le marché intérieur et participe à la destruction de notre modèle social.
Henri Weber a conclu en insistant sur le fait que l'immobilisme est impossible aujourd’hui dans le cadre de la construction européenne et en souhaitant que les forces de gauche reprennent le pouvoir dans les pays européens et continuent à travailler ensemble.
