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Famille, enfance et sport Mercredi 19 Octobre 2011 à 12:44

Ouverture des Universités d'Automne de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants

Jean-Patrick Gille, Secrétaire national en charge de la famille et député d’Indre et Loire

Ouverture  des Universités d'Automne de la  Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE)

Tours, 12 octobre 2011

Le service public de la petite enfance doit permettre avant tout de tenir compte de l'intérêt des enfants. De tous les enfants, dans leurs diversités et dans celles de leurs familles en garantissant des accueils de qualité répondant aux besoins des familles où la disponibilité des adultes accueillants et le professionnalisme sont des priorités.

Et pour cela, nous mettons un point d'honneur à Tours à développer tous les types d'accueils : les parents doivent pouvoir choisir entre accueil collectif et accueil individuel de qualité. Les familles ont également droit à une information  et à un accompagnement pour faire leur choix. C'est pourquoi nous avons expérimenté un accueil « information et inscription » pour le quartier nord de la ville, où elles peuvent sur un point unique connaître le fonctionnement des différents accueils et s'y inscrire  autant pour un établissement municipal qu'associatif.

Dans ce service public de la petite enfance en effet, les associations ont toute leur place et sont intégrées au schéma de développement de l’accueil de la ville. Elles sont logées et subventionnées par la municipalité. Aujourd'hui, à Tours, tout cela fonctionne plutôt bien et nous prévoyons de créer trois autres points information et d'inscription de proximité dans les quartiers de la ville.

Mais nous devons le dire : la situation de la petite enfance dans notre pays est très préoccupante.

Les dernières conventions CNAF l’ont montré : ces dernières années, la petite enfance comme la santé ou le social en général, est de plus en plus soumise à une système  qui se préoccupe avant tout  d'équilibres comptable et financier.

Au moment de la transcription de la « directive services », nous n'avons pourtant eu de cesse,  professionnels, élus et parents, de dénoncer la conception « absurde » adoptée par le gouvernement français. La plupart des pays européens ont considéré que les actions menées avec une finalité éducative devait être exclue du champ de la concurrence et ont donc majoritairement protégé les services aux tous-petits.

La France n'a pas fait ce choix. Le gouvernement a considéré ces services comme des aides à la personne. Les choix budgétaires sont d’ailleurs faits dans ce sens,  pour favoriser les aides individuelles aux familles plutôt que de soutenir et développer l'accueil collectif. La conséquence directe a été de permettre d'ouvrir ce domaine d'activités à la concurrence alors qu'il était possible de l'éviter en invoquant la fonction éducative. Le collectif « Pas de Bébés à la Consigne », que nous avons soutenu, défendait au contraire une autre vision de l’accueil des jeunes enfants, fondée sur les aspects éducatifs.

Le mouvement de libéralisation  a commencé il y a quelques temps avec la mise en place par la CNAF, à la demande du gouvernement, du crédit d'impôt pour les entreprises investissant dans des entreprises privées  de crèches. Ce qui  est interdit auprès des associations et des collectivités locales ! Le gouvernement a ainsi fait le choix d’opposer public et privé, contre l'avis des professionnels, des maires, des élus de gauche comme de droite.

Enfin, le décret Morano autorisant les regroupements d’assistantes maternelles est venu déqualifier les équipes et les fragiliser. Si les écoles d'auxiliaires de puériculture n'avaient pas été fermées  si les concours d'éducateurs de jeunes enfants n'étaient pas si peu ouverts, il n’y aurait pas de problème pour recruter des personnels formés en nombre suffisant.

Les annonces gouvernementales sur les effets de cette réforme globale ne cherchent qu'à leurrer les familles en annonçant des création de places alors qu'il s'agit en réalité d'une optimisation : les normes d'encadrement sont abaissées et les capacités d'accueil augmentées, ce qui rend le travail des professionnels plus difficile. 

C'est au contraire pour assurer l'égalité entre les enfants dès le plus jeune âge  en confortant le rôle des professionnels  et en renforçant leur fonction éducative que nous souhaitons  créer un véritable service public de la petite enfance, c'est à dire un cadre légal national, des compétences clarifiées, une gestion de proximité et un financement protégé pour éviter que la branche famille ne serve à rembourser la dette sociale comme presque chaque année désormais.