Economie, entreprise, industrie Lundi 15 Octobre 2012 à 12:39
Pierre Moscovici : «corriger nos déficits est un gage de stabilité et de crédibilité pour la France»

Mardi 16 octobre, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici présentera au Parlement le projet de budget pour 2013. L'objectif est de ramener les déficits publics à 3% du PIB. Il était ce matin au micro de France 2 pour en expliquer les principaux éléments.
Un euro de moins pour la dette, c'est un euro de plus pour la France et les Français
Le désendettement d'une «impérieuse nécessité» est la voix que le gouvernement a choisi pour le France. Il s'agit de tenir ses engagements devant les européens, «il y va de la qualité de notre signature, il y va de notre crédibilité.»
Le budget qui sera présenté mardi est un «budget d'effort» et non d'austérité. En effet, l'effort est une condition du redressement de la France. Et d'ajouter : «un pays qui s'endette, c'est un pays qui s'affaibli, qui tire des traits sur l'avenir.»
Le ministre a rappelé que des comptes publics dégradés augmentaient d'autant plus la dépendance aux marchés et à des taux d'intérêts élevés. La clé d'une «économie française libre, affranchie des marchés, souveraine, c'est une économie qui se désendette».
Préserver les couches moyennes et populaires
Par ailleurs, Pierre Moscovici a rappelé ce qu'avait représenté la baisse du prix de l'essence cet été : «420 millions d’euros de pouvoir d’achat ont été rendus aux Français, et ça c'est important». Le budget qui sera présenté à l'Assemblée traduit une volonté de redressement :
Nous avons préservé les salaires, préservé les conditions de la protection sociale, et gardé un Etat fort.
Le gouvernement a atténué les effets du gel du barème créé par le gouvernement Fillon en appliquant une décote qui touche les segments les plus bas du barême fiscal.
Des efforts seront demandés aux ménages par l'impôt, mais 80% de cet effort fiscal sur 1% des plus fortunés.
De la même manière, les PME-PMI sont aussi épargnées: les entreprises seront aussi mises à contribution, mais le gouvernement a voulu faire en sorte que les PME ne soient pas touchées par la plupart des mesures du projet de Loi de finances car elles «sont le fer de lance de notre économie.» Leurs dépenses d'innovation sont prises en compte par le Crédit d'impôt recherche. Et la Banque publique d'investissement créée pour elles sera présentée en Conseil des ministres mercredi.
Le ministre rappelle :
On a besoin des entrepreneurs de ce pays. On les respecte, on les connait, il n’y a pas la gauche contre les entrepreneurs, il n’y a pas l’administration contre les entrepreneurs. Nous aimons les entrepreneurs. (…) en revanche, nous ne voulons plus faire en sorte de servir la rente.
Le multilatéralisme comme solution à la crise
Le ministre est revenu aussi sur les assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale auxquelles il a siégé à Tokyo.
Le message du Fonds est de préconiser un comportement différent pour des économies différentes: les pays à l'économie prospère doivent être capable d'adresser plus de demandes au reste du monde ; un pays qui aura un déficit marqué (comme pour la Grèce ou le Portugal) doit être en mesure de pouvoir investir. Pour des économies dont la monnaie est surévaluée, il faut « qu’il y ait, à l’échelle de la planète, un jeu coopératif, voilà ce que nous dit le FMI, pour créer plus de croissance». Et d'ajouter :
Et avec ça, je suis totalement d’accord, et je dis qu’il faut créer plus de croissance en Europe, il faut être plus coopératif en Europe, il faut créer plus de croissance en France. Et notre budget va permettre à la croissance de se développer.
