Economie, entreprise, industrie Jeudi 4 Octobre 2012 à 13:09
Pierre Moscovici: « désendettons-nous ! »
Le ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici était, ce 4 octobre, l'invité de la matinale France Inter.
Concertation avec les start-up et les jeunes entreprises innovantes
Face à la grogne des créateurs d'entreprises contre la réforme de l'imposition des plus-values de cessions d'entreprises, le ministre a rappelé avec fermeté que le projet de loi de finances présenté était un budget «d’efforts, qui demande à chacun de contribuer (…), aux entreprises aussi, mais ce sont les entreprises les plus grandes, ce sont celles qui ont la capacité contributive la plus forte, à qui on a demandé de faire l’effort le plus grand»
Et d'ajouter :
Et nous avons notamment, et j’y ai veillé personnellement, fait en sorte que les petites et moyennes entreprises soient épargnées, mais aidées.
Le gouvernement a notamment augmenté le crédit d’impôt recherche en l'étendant aux dépenses d'innovation des PME, chose attendue depuis fort longtemps par les petites structures. Soulignant l'objectif du gouvernement : «nous voulons, une économie qui innove, une économie qui exporte, une économie qui embauche, et des entreprises respectées.»
Plus spécifiquement, le cas des jeunes entrepreneurs qui s'estiment pénalisés dans le cadre d'une vente de leur start-up va faire l'objet d'une véritable réflexion, d'un dialogue pour soutenir cette innovation, cette inventivité indispensable à la croissance du pays. Pour se faire Fleur Pellerin, Laurence Parisot et les représentants de ces jeunes entrepreneurs seront reçus dans la journée par le ministre.
S’il y a des mesures, qui sont des mesures qui choquent, ou des mesures qui sont de nature à dissuader l’investissement, notamment dans ces jeunes entreprises innovantes, il faudra y revenir.
Des propositions en novembre pour la compétitivité française
Parallèlement, Pierre Moscovici a annoncé la remise du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité le 5 novembre. Ce rapport devrait comporter de nombreuses propositions visant à améliorer la compétitivité des entreprises françaises, par un allègement des charges patronales.
A partir de ce rapport et du diagnostic fait par le Haut conseil sur le financement de la protection sociale, le gouvernement proposera des mesures de compétitivité :
Compétitivité coût, c’est la question du coût du travail, ou compétitivité prix, et compétitivité hors prix, c'est-à-dire la simplification administrative, la stabilité fiscale, la formation, des réformes sectorielles, parce que, encore une fois, il faut des réformes de structures pour l’économie française.
Traité budgétaire européen
Concernant le traité budgétaire européen, le ministre a précisé que le sérieux budgétaire était une nécessité ajoutant qu'un pays endetté était un pays qui s'appauvrissait, perdait sa souveraineté, et se rendait prisonnier des marchés.
La dette, c’est l’ennemie de l’économie. Chaque euro qu’on consacre au remboursement du service de la dette c’est un euro en moins, pour l’éducation, pour l’hôpital, pour la sécurité, pour la compétitivité, donc désendettons-nous
Le ministre a conclu en rejetant fermement l'hypothétique menace de perte de souveraineté française que pourrait en cas de ratification du traité :
Les seules règles qu’on nous demande d’adopter c’est ce qu’on appelle une loi organique sur les finances publiques, ces règles sont des règles du jeu, qui permettent, simplement en procédure, de faire respecter un objectif qui existe déjà dans notre Constitution à son article 34, qui s’appelle l’équilibre des finances publiques. Ce n’est pas un carcan, c’est un objectif
