Economie, entreprise, industrie Samedi 27 Août 2011 à 14:11
Plénière - Croissance durable, croissance partagée

Ouvrant cette nouvelle plénière, Pierre Moscovici a défendu le modèle d’une croissance « de long terme », autour de 4 axes : sobriété, émergence d’une fiscalité écologique, un programme d’investissements industriels mettant le développement durable en son coeur, et, devant le scandale de la précarité énergétique, une nouvelle tarification de l'électricité et du gaz. C’est selon lui faire acte de responsabilité que de défendre ce projet économique.
Pour Jean Paul Fitoussi, le développement ne sera cependant durable que s'il est partagé. Un projet économique doit donc permettre de se projeter dans le futur, et veiller au capital que nous léguerons aux générations futures.
Une démarche qui nécessite certes de l'altruisme, mais ne relève pas, selon lui, de l’utopie. A condition de mettre un terme aux injustices sociales, qui par les conservatismes qu’elles insinuent, sont un frein au changement.
Revenant sur la situation économique, Valérie Rabault a voulu dénoncer la guerre déclarée par les marchés aux Etats souverains. Or, elle estime que la seule logique de réduction des coûts nous conduira à « mourir pour guérir». Elle préconise en lieu et place le réel retour d'un Etat stratège.
Pour Laurence Rossignol, balayer le concept de décroissance ne suffit pas. Nous devrons également mettre fin à la glorification du consumérisme. La question énergétique et le rôle du nucléaire en France sont ainsi symboliques de cette consommation à outrance.
Des conclusions que partage Guillaume Duval, pour lequel la crise actuelle est tout autant écologique que financière. Il est donc impératif selon lui de ne pas distinguer ces deux facettes d’une même problématique.
Gérard Collomb a par ailleurs estimé les nouveaux besoins étaient collectifs : protection de l'eau, de l'air, soins. Une conception qui doit permettre au long terme de triompher sur le court terme.
Introduisant son propos d’un « nul ne peut tomber amoureux d'un taux de croissance », François Hollande a finalement conclu cette plénière en évoquant son projet économique. Un projet s’articulant autour de 4 propositions : mettre l'épargne au service de l’investissement durable et redéployer les niches fiscales vers l'emploi, la compétitivité et l'environnement. Remettre l'éducation au cœur du projet économique. Miser sur l'écologie et la nécessité de diversifier nos sources d'énergie, proposant notamment de passer en 15 ans de 75% électricité d’origine nucléaire à 50 %. Dernier levier, enfin, la démocratie, « parce qu'elle est plus intelligente que les marchés » et est seule à garantir des choix acceptés de tous.
