Samedi 27 Août 2011 à 14:36
Plénière - Les premières réformes de la mandature

« Enfin les difficultés commencent ». Conscients de cette réalité, les trois intervenants ont présenté les enjeux parlementaires et les premières pistes de l’action gouvernementale après la victoire en 2012. Définir des priorités, les hiérarchiser, les mettre en œuvre et les faire comprendre. Dès l’introduction, Marylise Lebranchu insiste sur l’éthique de la démarche : revaloriser le débat parlementaire, sans tomber dans la facilité du recours au fameux « 49.3 » pour nuire au débat. “L’opposition a été méprisée comme jamais dans cette législature.”
Catherine Trautmann insiste sur le décalage entre le travail sur le long terme des directives européennes et leur transposition au niveau national, d’où la nécessité de rapprocher les agendas du Parlement européen et des assemblées parlementaires nationales. Pour passer de l’Europe molle à une Europe solide, il nous faudra faire face à la double crise de crédit que traverse l’Europe, crise de la confiance et crise de la politique en proposant des mesures concrètes. Pour y parvenir, elle propose 4 piliers : régulation et moralisation des marchés, investissements pour relancer l’emploi, élaboration d’une véritable politique industrielle et énergétique. A l’image pitoyable du directoire Sarkozy-Merkel, elle appelle à un pilotage politique de l’eurogroupe et une véritable gouvernance européenne.
Laurent Fabius devait lui aussi parler du futur. En charge d’une mission confiée par Martine Aubry alors qu'elle était première secrétaire, qui vise à trouver une traduction gouvernementale au projet socialiste, il a présenté une méthode précise et détaillée. Il distingue 3 périodes : les jours qui suivront la victoire, la première année et le reste du mandat législatif. Le travail sera immense et la situation économique et financière, délicate. C’est parce qu’il y a la crise qu’il faut changer de gouvernement en préparant un ambitieux projet de transformation sociale. Il réaffirme par exemple la suspension de la règle de non remplacement d’1 fonctionnaire sur 2, la mise en place d’une banque publique d’investissement, le retour sur la réforme des retraites. En matière de démocratie, il a confirmé que la parité sera respectée et dans le champ de la décentralisation, le conseiller territorial abrogé. Un calendrier international dense attend le président élu. G8, Sommet de l’OTAN, Sommet européen, Rio+20... des choix cruciaux devront être faits par exemple sur les engagements de la France en Afganistan, sur la PAC ou sur la transition énergétique.
En réponse aux nombreuses questions, les trois intervenants sont revenus sur la traduction du projet socialiste dans le temps face à une situation qui n’a jamais été aussi difficile. Laurent Fabius reste déterminé et optimiste : “Dans un an, on se retrouvera dans la même salle pour un débat sur le bilan des 4 premiers mois du gouvernement socialiste.”
