Europe et international Vendredi 26 Août 2011 à 18:39
Plénière - L'été européen ? La crise, l'euro.

La première séance plénière sur l’Europe et la crise s’est déroulée dans une salle comble, dans une ambiance très enthousiaste. Globalement, un consensus s’est dégagé entre les intervenants sur l’analyse et les propositions face à la crise.
Elisabeth Guigou a introduit le débat, en insistant sur les causes profondes de la crise. La crise actuelle des dettes souveraines est la conséquence des défaillances bancaires survenues à partir de 2008 et des promesses non tenues malgré six réunions du G20. Henri Emmanuelli a souligné que les marchés financiers sont sortis renforcés de la crise, alors qu’ils en sont les principaux responsables. Une véritable régulation financière est donc nécessaire et l’Europe doit se doter des moyens de lutter contre la spéculation, par des émissions d’euro-obligations et la séparation pour les banques des activités de spéculation et de crédits. Guillaume Garot a insisté sur la nécessaire création d’une agence de notation indépendante des marchés, et l’instauration d’une taxation sur les transactions financières.
Pour tous les participants, l’Europe ne doit pas s’enfermer dans des politiques d’austérité. Il est nécessaire de mener, parallèlement aux politiques de redressement des comptes publics, des politiques de relance de la croissance et de l’emploi. Malheureusement, les gouvernements de droite font l’inverse.
Face à ce constat commun, les mesures citées par Paul Magnette sont pour l’ensemble des intervenants indispensables pour sortir de la crise et relancer durablement la croissance. Les gouvernements européens doivent entreprendre une convergence des politiques fiscales, économiques et sociales. Le dumping fiscal et social est destructeur pour l’Europe, qui réalise la majorité de ses échanges en son sein. Cependant, l’Europe reste vis-vis de l’extérieur, le continent le plus ouvert. Elle doit prendre des mesures de protection à travers notamment le respect des normes sociales et environnementales. Pour Hubert Védrine, l’Europe doit, pour remplir ses objectifs, se doter d’un véritable gouvernement économique.
Martine Aubry a insisté, à l’opposé de la règle d’or voulu par Nicolas Sarkozy, sur le besoin pour l’Europe d’obtenir un triple A pour la santé, l’emploi, l’éducation, le développement durable. L’Europe doit se doter d’un projet ambitieux, de progrès, pour ceux qui ont subi de plein fouet les conséquences de la crise et qui sont aujourd’hui les grands perdants des politiques de la droite, surtout en France. Le volontarisme est possible, en se redonnant les marges de manœuvre nécessaires par la suppression des cadeaux fiscaux accordés aux plus aisés, des niches fiscales qui se sont multipliées depuis 2002, et la relance ciblée de la croissance.
