Emploi et travail Vendredi 26 Août 2011 à 20:37
Plénière - Revaloriser le travail, revaloriser les travailleurs

Cette seconde plénière s'est déroulée, malgré la menace de l'orage, dans une ambiance à la fois studieuse et fraternelle. Elle a été le théâtre d'un échange, qui s'est révélé fructueux entre acteurs politiques et intellectuels, puis avec la salle, afin de répondre à la question essentielle pour les socialistes: quelle place pour le travail dans notre société?
Cette question est d'autant plus cruciale qu'elle avait été captée par Sarkozy en 2007. Son "travailler plus pour gagner plus" a permis d'aborder la question du travail en esquivant la question sociale.
La droite déconstruit le travail: "il faut travailler à tout prix, sinon on est un assisté". Cette pensée élimine toute exigence sur les protections attachées au travail et sur le droit syndical.
La politique du travail qui anime la droite officialise que travailler ne garantit pas l'autonomie.
Nous devons donc défendre la valeur travail, mais en acceptant que toutes les formes de travail ne valent pas d'être défendues.
En effet, la souffrance au travail naît de l'individualisation excessive du travail, source d'atomisation du lien social et de l'isolement du salarié dans un combat solitaire face à son travail. La précarisation subjective liée au management, la culpabilisation des salariés français, qui seraient des privilégiés en comparaison à leurs homologues étrangers, tout ceci mène aux drames humains que des entreprises y compris publiques ont connu ces derniers temps.
Plus qu'un problème de droit du travail ou de protection sociale, c'est une vraie question de civilisation soulevée ici: la dignité au travail, la dignité du travailleur.
Il ne suffit pas de penser à une société de pleine activité mais bien à une société de plein emploi, car c'est cette nuance qui apporte la dignité au travailleur.
De nombreuses propositions ont été soulevées durant cet échange. La plus fréquemment citée était de garantir l'égalité réelle entre les femmes et les hommes sur le lieu de travail, à la fois par l'égalité salariale et l'égalité professionnelle.
On peut citer aussi le projet de portabilité des droits sociaux du travailleur, proposition au coeur du projet de Sécurité Sociale Professionnelle.
Enfin, la primauté de la loi sur le contrat, la nécessité de refondre profondément notre système de formation professionnelle, ou encore des vrais outils de renforcement des éléments de la démocratie sociale dans l'ensemble des entreprises sont venus nourrir la réflexion d'une plénière que les intellectuels présents ont jugé agréable et instructive.
