Education, recherche, culture Samedi 25 Août 2012 à 9:46
Priorité à l'école : compte-rendu de la plénière
Anne Hidalgo a rappelé à quel point l’éducation était la priorité du quinquennat. Il est nécessaire de refonder un projet et de redonner toutes ses chances à l’école laïque et républicaine.
Agnès Van Zanten s’intéresse aux établissements à la marge du système (banlieues et périphérie), et qui présentent des dysfonctionnements importants :
- concentration de population en difficulté;
- stratégie d’évitement des familles (fuite vers le privé);
- adaptation des enseignants aux caractéristiques de leurs élèves (baisse des exigences, montée de la violence);
- empilement de politiques sans évaluation des résultats.
Ceci a induit un basculement vers un modèle de promotion des plus méritants, contraire à une politique de lutte contre les inégalités. Face à ce constat, quatre points d'action sont proposés :
- Penser la mixité comme une richesse pédagogique et sociale;
- aider les enseignants à travailler en équipe;
- organiser l’action des établissements;
- développer une politique ambitieuse autour des inégalités.
Antoine Prost propose quelques pistes explicatives concernant l’échec en primaire : la diminution du nombre de semaines et d’heures travaillées et un rythme journalier trop dense.
D’après lui, il faut réformer la direction générale de l'enseignement scolaire et rétablir l’inspection spécifique des écoles maternelles.
Jean-Pierre Chevènement insiste sur le rôle de l’institution et sur l’importance du ministre de l’Education nationale. Selon lui, l’institution de l’Education nationale a besoin d’être commandée.
L’école a aussi besoin de professeurs formés à leur discipline et à la pédagogie en incarnant les valeurs de la République (connaissance des textes fondamentaux sur la nation, la laïcité ...).
Pierre Merle établit deux types de politiques éducatives : celles qui relèvent de la pédagogie et celles qui sont structurelles.
Les deux doivent être menées de manière conjointe, ce qui conduit à deux propositions:
- la diminution du nombre d’élèves par classe dans les établissements prioritaire de 5, cela réduirait de moitié les écarts de compétences entre ces établissements prioritaires et les autres ;
- le renforcement de la scolarisation des élèves de deux ans, bénéfique pour l’apprentissage des savoirs fondamentaux.
Najat Vallaud Belkacem estime que l’école reproduit les stéréotypes sur les rapports Hommes/Femmes. En moyenne, les filles vont prendre 3 fois moins la parole que les garçons. Les manuels scolaires regorgent de clichés (manuels de mathématiques : les garçons y sont mis en avant). Plusieurs propositions doivent être à l’étude sur :
- les programmes
- les outils éducatifs (jeux vidéos ...)
- la formation initiale des enseignants (module sur la déconstruction des stéréotypes).
Vincent Peillon conclue les débats. Face à ces constats et à l'importance des enjeux, le gouvernement s’est engagé dans la refondation de l’école, avec trois grandes orientations :
- L’école primaire : nous sommes le pays de l’OCDE où le taux d’encadrement est le plus faible. Il faudra créer des postes et permettre l’accueil des enfants de 2 ans.
- Le temps scolaire : il s’agit de défendre l’intérêt des élèves et de passer à la semaine de 4,5 jours.
- La formation des enseignants : le gouvernement propose une école de professorat et de l’éducation pour former les nouveaux instituteurs (18.000 contrats prévus pour les étudiants enseignants dès la 2ème année).
La concertation engagée devrait aboutir en octobre à des propositions de réformes et en novembre à une loi de refondation de l’école.
