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Comptes-rendus de l'université d'été 2012

Comptes-rendus de l'université d'été 2012

Santé, solidarité et personnes âgées Vendredi 24 Août 2012 à 21:04

Quelle fin de vie ?

L’ensemble des intervenant-e-s a souligné le caractère sensible du sujet de la fin de vie où se mêlent, entre autres, enjeux philosophiques, politiques, éthiques, expériences personnelles.

Marc Coatanéa a introduit cet atelier, en rappelant que la fin de vie a fait l’objet d’un engagement de François Hollande durant la campagne présidentielle. L’engagement 21 précisait ainsi : « Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. »

Corine Pelluchon a commencé par distinguer le suicide assisté, l'euthanasie et l'homicide. En démocratie, on ne peut pas fonder la décision politique sur une vision morale ou religieuse de la vie. Cela ne veut pas dire que la norme interdisant le meurtre ne doive pas être maintenue, mais elle a un sens laïc. Elle a montré pourquoi la légalisation du suicide médicalement assisté, qui se distingue de la dépénalisation, n'est pas une réponse adaptée au problème de la souffrance en fin de vie compte tenu de l'ambivalence de certaines demandes de mort et du fait que les malades ont inégalement accès aux soins palliatifs. Puis après avoir souligné certaines difficultés liées à la proposition 21 ( ex: la mention de la souffrance psychique), elle a  dit qu'il était nécessaire de répondre aux  personnes ayant eu accès aux soins palliatifs et n'en voulant plus. La réponse à ces cas passe-t-elle par une autre loi faisant du suicide assisté un droit ( légalisation) ? Ou faut-il compléter la loi Leonetti par  des décrets d'application , voire ne pas poursuivre les médecins ayant prescrit une injection létale à certains malades? Cette question suppose de réfléchir au rôle et au sens de la loi et de prendre en compte la complexité du problème.

Jean-Pierre Sueur, chargé de cette thématique au sein  de l’équipe de campagne de François Hollande a, pour sa part, appelé au respect de l’engagement pris et à l'ouverture de cette liberté, ce droit ; ajoutant que  cela vaut pour l’ensemble des domaines. Le mot engagement, pour nous socialistes est un mot important.  Il a rappelé que  cette position est issue d’un long travail parlementaire qui a permis de proposer un cadre, permettant de respecter l’humanité de chacun.

Pour Martine Pinville également, les parlementaires considèrent ce sujet comme un engagement qu’il est crucial de respecter, une question sociétale importante à laquelle le législateur doit répondre. Selon toute probabilité, des progrès seront prochainement possibles.

Selon Jean-Luc Romero, l’engagement à mettre en place une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité a suscité quelques inquiétudes, mais aussi beaucoup d’espoirs. Il critique fortement les limites de la législation actuelle et notamment celles de la "loi Léonneti" donnant, selon lui, trop de pouvoir au médecin au lieu de mettre le patient au centre de la démarche.

Les prises de paroles des militant-e-s présents ont ensuite permis de partager différentes expériences relatives à la fin de vie, et d’expliquer les raisons et cheminements personnels conduisant à une prise de position. Les militant-e-s se sont largement exprimés en faveur de la mise en place d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie, notant qu’il est temps de voter une loi et de mettre en place ce nouveau droit.