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Quelles perspectives pour les relations euro-méditerranéennes ?

Certains pensent que la Méditerranée est la frontière sud de l’Europe. D’autres pensent que c’est la région sud de l’Europe. Les frontières séparent, ce sont des points de défense. Les régions, elles, sont incluses dans une vision géostratégique large.

Tous les crises et tous les enjeux se concentrent sur les trois continents baignés par la Méditerranée. Il faut donc dresser la bonne perspective pour tenter de les appréhender efficacement.

 

Cela passe par la relance d’une stratégie de proximité pour redonner à la Méditerranée, une logique globale. Cela implique la résolution des problèmes du Moyen-Orient, entreprise dans laquelle les pays du sud doivent s’investir, tout autant que dans le développement de l’Afrique. Ainsi, le maire de Rabat a estimé que ce qui s’est passé en Inde il y a 30 ans risque d'advenir en Afrique.

 

Il y a plusieurs défis majeurs à relever.

 

Les pays du sud-méditerranéen restent très fermés de par les déficits démocratiques qui les affectent le plus souvent. Sous les effets conjugués des faiblesses de l’Etat de droit et de la globalisation, l’immigration apparaît incontrôlable.

On a libéralisé l’économie et les échanges, mais pas les déplacements, or la mobilité est un élément essentiel. Il faut combattre l’influence des radicalismes religieux et accéder à la neutralité de l’espace public.

Si l'on ne parvient pas à neutraliser les extrémismes, (il faut arriver à le faire de l’intérieur pour éviter les crispations identitaires) cela conduira à des situations catastrophiques.

 

Les relations entre la rive nord ouest et la rive sud ouest de la Méditerranée sont les plus développées.

Il s’agit d’un espace commun, il n’est donc pas possible de tracer une ligne de démarcation entre les pays les plus méridionaux.

 

Le Processus de Barcelone fut fondateur. Il a démontré une volonté d’investir dans l’espace méditerranéen à l'aide de politiques horizontales et régionales. Il y avait alors une majorité de gouvernements socialistes en Europe. Donc l’idée euro-méditerranéenne est une idée que les socialistes peuvent s'approprier. Une dizaine d’années plus tard, de nouvelles priorités apparaissent comme la lutte commune contre le terrorisme, la dépollution des mers, l'intégration sud-sud.

La méthode de l’initiative française de l’Union pour la Méditerranée laisse peu de place à un dialogue horizontal entre les sociétés civiles; or, c’est essentiel.

Il faut mettre en avant les valeurs communes des progressistes: défendre le travail décent et améliorer le sort des plus défavorisés, assurer le développement durable et relever les défis énergétiques. Il faut inclure les droits de l’homme dans ce dialogue, l’égalité hommes/femmes et la lutte contre la xénophobie, l’islamophobie et l’antisémitisme.

 

Les relations euroméditerranéennes sont asymétriques. La plupart des initiatives viennent du nord. Il y a aussi un décalage sur le plan des richesses. Les flux migratoires se font au détriment du sud. Après Barcelone, la paix n’est pas là, la prospérité n’est pas partagée. En revanche, les régimes antidémocratiques se perpétuent. Le fait de ne pas défendre la démocratie nourrit le terrorisme. De même, il est contradictoire de mener des politiques anti-immigration et de réduire les aides au développement.

Pour résoudre la question méditerranéenne – un milliard de personnes dans des pays qui affichent une croissance plus forte que celle de l'Europe - il convient de sortir du huis-clos intergouvernemental. Il ne faut être ni optimiste, ni pessimiste, mais déterminé.