Economie, entreprise, industrie Vendredi 24 Août 2012 à 21:08
A quoi servent les économistes?

Pour tenter répondre à cette question, cinq économistes, dont trois députés, sont intervenus devant une salle visiblement très intéressée par ce sujet.
Pour Julia Taddéi, Chercheur à l’université de Technologie de Compiègne et Enseignante à Sciences Po, nous avons besoin d’eux, mais ils doivent rester à leur place, même si ce n’est pas la tendance actuelle. Ainsi, si les économistes n’ont pas pu prévoir la crise, c’est avant tout parce qu’ils ont oublié leur rôle d’observateurs neutres. La non partialité du jugement des économistes influence directement les décisions économiques, qui influeront plus tard sur la propre position de ces économistes. La pluralité des avis, des expertises et l’existence de réels débats permettraient de rééquilibrer cette boucle, mais force est de constater que cela ne semble pas être d’actualité. Cette analyse est confortée par Bruno Tinel, Maître de conférence en économie à l’université de Paris I, qui a fait le lien avec la situation austère dans laquelle le pays se trouve depuis l’arrivée de la crise en 2008. La politique d’austérité menée en Europe n’a, une fois de plus, pas fait l’objet d’un vrai débat.
Valérie Rabault, députée de la 1ère circonscription du Tarn et Garonne, apporte une nouvelle piste de réflexion, en précisant que la complexité du monde empêche l’élaboration de tout schéma ou modèle parfait. Les économistes sont utiles pour élaborer des raisonnements, prévoir des enchainements. Mais les réelles décisions doivent être de l’initiative du peuple et de ceux qui les représentent.
Le discrédit qui existe aujourd’hui à l’égard des économistes n’est pas seulement dû à la crise : avant 2008, la plupart se contentait de modèles qui étaient sans rapport avec la Réalité, rappelle Liêm Hoang-Ngoc, député européen. Le député de la 2ème circonscription du Rhône, Pierre-Alain Muet, termine cet atelier en précisant ce point par des exemples de politiques économiques « injustes » et « absurdes » du quinquennat de Nicolas Sarkozy, dans un contexte de chômage et de crise. Celui qui commence doit justement s’atteler à corriger ces erreurs.
Les nombreuses questions posées par l’auditoire laissent à penser que l’avis de nos intervenants économistes reste important et que le débat tant souhaité aurait pu continuer encore longtemps.
