Rétablir la confiance, un impératif international
G. Finkelstein et J. Fourquet avaient conjointement donné rendez-vous pour une présentation d'une enquête exceptionnelle menée dans 12 pays. Fruit d’une collaboration internationale, l’enquête était portée par l’ambition de mettre la perception de l’initiative de l’action politique à un moment où les mutations technologiques et économiques sont source d’accroissement des inégalités.
Malgré des lignes de forces attendues – une majorité d’interrogés estime vivre dans une société injuste, trouve que les inégalités ont augmenté et que cela est le fait de la mondialisation -, il a pu paraître surprenant à l’assemblée que 54% des américains jugent leur société plutôt juste et que près de la moitié des Chinois ressentent une certaine confiance quant à une diminution des inégalités à l’avenir. Un certain désaveu du système communiste a été lu dans le fait que les chinois sont parmi ceux qui ressentent le plus fortement l’injustice de leur société et se montrent les plus pessimistes quant à la possibilité de lutter contre les inégalités !
L’Europe, quant à elle, semble faire bloc sur de nombreux points : insuffisance de l’impôt sur les riches - notamment si l’on en croit les Suisses – et méfiance forte vis à vis de la mondialisation.
Au-delà des chiffres, G. Finchelstein a fait état de plusieurs enseignements éclairants :
· Malgré des situations pays à pays différentes, le monde gronde et se montre insatisfait de son évolution sociale.
· La France marque sur le sujet des inégalités une exception en ce qu’elle se montre particulièrement pessimiste. Cependant, cette sursenbilité aux inégalités s’accommode très bien d’une aversion particulièrement marquée à la taxation des droits de succession (86% de l’échantilon) !
· Les jeunes se démarquent largement des générations précédentes : plus « ouverts », plus optimistes, ils sont aussi moins sensibles à la question des inégalités.
· La réalité ne correspond pas forcément à la perception : les Etats-Unis, pays aux inégalités fortes, les ressent peu et s’oppose en cela à la France, plus égalitaire dans les faits mais fortement marquée par le sentiment d’inégalité.
· Enfin, la sensibilité aux inégalités est plus que jamais d’actualité pour démarquer la droite et la gauche.
Réactions et questions ont contribué à approfondir les présentations et à proposer des prolongements. Vincent (Paris) a ainsi pointé l’alternative qui se présentait au politique : plutôt agir sur le réel ou sur sa perception, notamment au regard de la situation française où l’un et l’autre diffèrent ? Ce à quoi Jérôme Fourquet a répliqué que toute action qui se limiterait à agir seulement sur les perceptions se condamnerait à un rappel de la réalité. Évoquons l’effondrement, entre 2007 et 2010, de la confiance des Français dans la capacité du gouvernement à mener une politique de sécurité efficace.

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