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Comptes-rendus de l'université d'été 2012

Comptes-rendus de l'université d'été 2012

Développement durable et ruralité Vendredi 24 Août 2012 à 20:01

Réussir la transition environnementale

Une fois n’est pas coutume : ouvrir un débat sur la transition environnementale par une bonne nouvelle: la naissance de plusieurs petits oursons dans les Pyrénées, des femelles qui plus est !. C’est ce que choisit de faire la Secrétaire nationale à l’environnement, Laurence Rossignol qui anime ces deux heures de débat dans une salle comble  Les combats portent !

La mauvaise nouvelle, c’est l'Earth overshoot day, le « jour du dépassement » où l'on nconsidère que notre activité pour l’année a épuisé les ressources que la terre pouvait engendrer en un an. Ce jour, c’était avant-hier, le 22 août. Au-delà de cette date, l'humanité puise dans les réserves naturelles de la terre d'une façon non réversible. Comment les ministres et les experts autour de la table appréhendent-ils la question de la finitude des ressources, quelle impulsion pour un nouveau modèle économique ?

Reinhart Wettmann, directeur de la Fondation Friedrich Ebert, évoque le tournant énergétique - la sortie du nucléaire, choisit par les politiques allemands. Mais le projet actuel est en crise. Un consensus national est à rechercher, une synergie avec la politique énergétique française également.

Pour Emmanuel Guérin, directeur du programme climat à l’IDDRI, l’ampleur de la transformation environnementale va bien au-delà de la transition. Il faut une 4ème révolution industrielle, formidable opportunité industrielle et commerciale. Mais une simple révolution technologique n’est pas suffisante, c’est un changement structurel, une profonde modification de notre façon de vivre ensemble, de nos liens sociaux qui sont en jeu. Stéphane Hallegatte, ingénieur climatologue, renchérit et rappelle que ce sont les moins aisés qui souffrent le plus des impacts environnementaux. Faire une politique environnementale, c’est faire une politique sociale en veillant à garder l’objectif d’aider les plus fragiles.

Interpellée sur la position gouvernementale sur l’exploitation des gaz de schiste, la ministre Delphine Batho répond que le fractionnement hydraulique, seule technique qui existe aujourd’hui, excessivement polluante, est et restera interdite en France.

Elle souligne les deux axes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui : 1- le réchauffement global ; 2- les pertes de biodiversité. Or les perspectives d’un accord mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) s’éloignent de plus en plus depuis Copenhague. Et il n’y a pas de consensus, ni mondial, ni national (cf les déclarations de Nicolas Sarkozy), sur la pertinence d’une transition environnementale. Les avancées écologiques qui permettent de lutter contre le changement climatique sont en régression (retards pris dans le développement des énergies renouvelables, échec du plan écophyto…).

C’est un nouvel imaginaire qu’il faut inventer, un nouvel idéal avec la question écologique au centre. Beaucoup d’intérêt sont en jeu : sociaux, économiques… La transition environnementale ne peut être réussie que dans le dialogue. L’objectif de la conférence environnementale est d’inscrire le débat dans la continuité, elle sera donc annuelle. Deux grandes politiques y seront particulièrement discutées en septembre : la sobriété et l’efficacité énergétique et la réforme structurelle des tarifs de l’énergie. Autres thèmes : le lien santé-environnement, la fiscalité écologique, la gouvernance environnementale.

Le développement durable doit être intégré à tous les secteurs et une lettre de cadrage en ce sens sera adressée à chaque ministre.

Guillaume Garot, ministre de l’agroalimentaire, rappelle la nécessité d’un nouveau modèle agricole : une agriculture diversifiée, durable, performante. Le verdissement de la PAC est un combat mené au sein du gouvernement, ainsi que la nécessité d’une répartition plus juste des aides agricoles vers les petites exploitations.

Il faut une politique d’innovation et de soutien aux entreprises qui soutiennent la transition environnementale. Fleur Pèlerin,  ministre déléguée en charge des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique, évoque notamment les réseaux électriques intelligents. La nécessité de répondre à la nature intermittente des énergies renouvelables et décentralisées impose que les réseaux de distribution puissent devenir également des réseaux de collecte. C’est aussi le concept de maison intelligente qui est en train de se développer. Le soutien de la recherche en ces domaines, des PME,  est fondamental. L’absence de vision industrielle en France a été fortement préjudiciable. C’est toute une synergie recherche-industrie-environnement qu’il faut que nous mettions en œuvre.

Mettre en œuvre une politique de relance écologique, c’est aussi réaliser une politique de croissance.